Antiviral, de Brandon Cronenberg

Antiviral, de Brandon Cronenberg

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Mais qu’est-ce donc que cet ovni?
Le film nous place dans un futur très proche, au coeur d’un business 2.0 : celui de la vente de virus contractés par les stars, à des fans avides de ressemblance.
Au coeur d’une de ces entreprises prospères, Syd March, environ 25 ans, médecin-revendeur de virus. Pas de background ni d’indications sur le jeune homme, seulement une activité macabre et une pâleur de mort en guise de définition. Car Syd s’injecte régulièrement les doses qu’il procure à ses clients. D’autant plus qu’il profite de son statut pour arriver à ses fins sur le marché noir. Cette pratique le mène à des hallucinations et à un mode de vie non-conventionnel. Surtout après s’être procuré la maladie qui mènera à la mort de la star nationale…
De ce scénario très original, émerge une fiction anti-conformiste et très innovante. Pas de narration linéaire, des personnages tous plus frappés les uns que les autres, une aura blanche et hypnotisante. On se laisse porter par cet amas d’étrangeté, prenant place dans un monde qu’on a peine à croire qu’il pourrait bientôt être le nôtre. Cette société où le voyeurisme a atteint son paroxysme, sommes-nous en train de tendre vers elle? Toute cette machinerie absurde est matérialisée par le personnage principal, interprété par Caleb Landry Jones, aperçu dans quelques longs-métrages( dont « X-Men, Le Commencement »). Ses tâches de rousseur, son allure mi-dandy mi-zombie se fondent dans un univers où on vend des steaks de cellules humaines, où on peut rentrer dans des établissements nocturnes ressemblant à des sex-shops projetant des vidéos de célébrités.
En visionnant le premier film de Brendan Cronenberg, il est difficile de ne pas penser aux premiers long-métrages de son père David(Chromosome X…), animés par la même froideur et les mêmes thèmes: la sexualité, l’expérimentation des corps… Dans « Antiviral », les références subtiles au monde des vampires sont amenées souvent avec humour, tandis qu’une folie douce envahit les rangs de la salle… Car le film ne fait pas l’unanimité, c’est certain. Plusieurs personnes ont quitté la salle au milieu du film tandis que les autres spectateurs masquent leur gêne(et leur dégoût?) derrière des rires nerveux.
On apprend même à relativiser les corps après les avoir vus cabossés, egratinés, ressuscités. Il ressort de cette brutale aliénation une expérience de spectateur intéressante, mais surtout un désir d’en voir plus.

Maël Belhadia

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