Après Mai, d’Olivier Assayas

Après Mai, d’Olivier Assayas

Qui sont ces jeunes militants d’après 68 ? C’est à cette question qu’Olivier Assayas tente de répondre dans son dernier film, que l’on devine assez autobiographique puisque c’est aussi sa jeunesse à lui qu’il dépeint.

Après Mai c’est l’histoire de jeunes lycéens parisiens en 1971. Simples spectateurs de Mai 68, ils veulent, par leur engagement politique, garder en vie cet esprit révolutionnaire. Ce sont des jeunes qui craignent pour leur avenir, flou et incertain. Par leurs actions, ils dénoncent l’omniprésence et la violence des forces antiémeutes, ils participent à des AG mouvementées et placardent Paris d’affiches révolutionnaires qu’ils impriment clandestinement. Mais un jour tout ça tourne mal et ils sont obligés de fuir quelques temps chacun de leur côté. On prend alors conscience que leur révolution est aussi et surtout individuelle, et trouve sa réalisation dans l’art (peinture, cinéma,…). Bien qu’ils continuent à s’interroger sur leur rôle politique dans la société, ils se questionnent surtout sur leur avenir professionnel et affectif. Ils cherchent leur voie et finalement chacun prendra des chemins différents, laissant de côté parfois leur activisme politique. Gilles surtout, l’acteur principal interprété par Clément Métayer, prend ses distances avec le militantisme radical. Tiraillé par ses sentiments amoureux, Gilles est un artiste, un peintre et comme le dit son ami Jean-Pierre, le plus extrémiste de la bande, « la peinture c’est la solitude ». Alors oui, Gilles va faire le choix de la solitude et suivre ses désirs en abandonnant peu à peu ses idéaux politiques.

Même si l’on reste captivé par ces jeunes et leur futur, grâce notamment à une bonne reconstitution historique des décors et des costumes, le film est assez long, sans réels rebondissements ni histoire. On ne s’attache pas aux personnages, on ne partage pas leurs émotions. La faute aux dialogues, aux acteurs ? On ne ressort pas du film avec cette envie de changer le monde, qui animait, comme on pourrait le penser, cette jeunesse post soixante-huitarde. Et c’est dommage, mais comme le dit Olivier Assayas lui-même « ce film n’a pas l’ambition de changer la société mais il a juste modestement l’ambition de rappeler ce qui était possible, ce qui semblait vraisemblable en d’autres temps ». Pour résumer, Après Mai est un film esthétiquement réussi, mais à trop lui chercher une signification et un sens, on finit par s’ennuyer

Léa Nogier

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