At eternity’s gate, 75e Mostra

At eternity’s gate, 75e Mostra

Film américano-britannico-français présenté à la Mostra de Venise en 2018, réalisé par Julian Schnabel. Distribution: Willem Dafoe, Rupert Friend, Oscar Isaac, Mads Mikkelsen…

Des cyprès s’élevant vers le ciel. Des coups de pinceau vifs et résolus. De grandes plaines reflétant le soleil. Une folie intense et insaisissable. Ai-je besoin de continuer pour que vous trouviez l’objet de ce film ?

Synopsis

Nous sommes dans les années 1880. Vincent Van Gogh (Willem Dafoe) est encore un peintre méconnu et méprisé. Les bistrots parisiens refusent d’afficher ses toiles, et il ne peut subvenir à ses besoins sans l’aide de Théo, son frère. Théo est connu, respecté, et suffisamment aisé pour aider son frère financièrement. Il est marchand d’art, vit une existence « conforme », est marié. Ce n’est pas le cas de son petit frère, troublé et rejeté.

Au détour d’une rue, on entend une discussion entre Van Gogh et Gauguin (Oscar Isaac). Ce dernier lui suggère de se rendre dans le Sud de la France où il pourra s’épanouir, trouver une nouvelle lumière pour sa peinture.

Nous assistons alors au déménagement du peintre à Arles où il s’adonnera à sa passion, à l’activité nécessaire à sa survie mentale. La peinture. A la suite des impressionnistes, il va marquer le naturalisme par les célèbres paysages de la Provence.

S’enchaîne ensuite le film de sa vie. Des hôpitaux aux institutions psychiatriques, en passant par les villages, on le voit tour à tour marginalisé, repoussé, passionné, apaisé.

Avis

L’accent réside dans les émotions. La joie procurée par un champ de blé, la folie face aux écoliers du village, l’amour d’un frère ; toute une suite de sentiments d’une intensité sans pareille.

Le film est centré sur les relations fusionnelles qu’a le peintre. Avec Gauguin, on est emporté dans une spirale de cris et de larmes, de folie et d’incompréhension, de jalousie et de rejet. L’amitié est trop forte, elle lui permet d’assainir son esprit avant de conduire à la mutilation de son corps.

On se retrouve aspirés dans la vie du peintre hollandais, on le suit dans les grands moments de son existence. On le comprend ; on le trouve fou ; puis on en vient à comprendre sa folie. On admire ses œuvres. Et on le plaint. Il dit dans le film qu’il peint pour des générations qui ne sont pas encore nées. Quoi de plus vrai ? De son vivant, il ne connait que méchanceté, manque de reconnaissance, dégoût. Il n’aura jamais l’occasion de voir qu’il est devenu l’un des plus grands peintres de tous les temps, l’annonciateur de grands mouvements de peinture, que ses œuvres un temps refusées en exposition sur les murs de commerces lugubres sont désormais les éléments clés des collections permanentes du Louvre, du MOMA, des Uffizi…

On est aspiré dans la spirale. Le film nous captive. Il retrace la vie du peintre de façon intéressante et vivante. Malgré tout, il traîne en longueur, on pique du nez devant une longue scène sans dialogues. On s’ennuie devant une scène où le peintre marche, court ; lorsque la caméra se focalise sur la nature en plans trop longs. Autre point discutable, les rares prises de vue d’une caméra subjective. L’image tremble, le son s’éloigne, le champ de vision se rétrécit. On peut trouver ça troublant… ou l’apprécier.

En résumé, n’allez pas voir ce film après une longue journée de travail. Vous risqueriez de vous endormir bien vite. Il est parfait pour un week-end où vous avez le temps et l’envie. Pas de suspense au programme, mais de longues scènes, agréables car esthétiques. Pas d’action, mais un océan d’émotions.

 

Camille Daussy

About the Author

Leave a Reply

Optionally add an image (JPEG only)