Au bout du conte, de Agnès Jaoui ✭✭✭✩✩

Au bout du conte, de Agnès Jaoui ✭✭✭✩✩

tournage "un jour mes princes viendront"

Il y a bien longtemps, dans un pays lointain, j’ai rencontré une jeune fille cherchant le grand amour et croyant au destin. J’ai vu une femme qui rêvait de devenir comédienne. Il y avait aussi un jeune homme, talentueux mais fragile et puis un autre, plus âgé, ne croyant en rien. J’ai fait la connaissance de beaucoup d’autres personnages, tous singuliers, mais finalement très familiers. Je pensais vivre dans un véritable conte de fées. Mais bien vite, la réalité m’a rattrapé.
Le duo Jaoui-Bacri est de retour pour nous désenchanter. La jolie jeune fille (Agathe Bonitzer) s’avère être capricieuse et toujours insatisfaite. Son potentiel prince charmant (Arthur Dupont) est un timide au grand cœur ce qui lui jouera des tours. L’autre femme, jouée par Agnès Jaoui, n’arrive pas à percer et vit mal la séparation récente avec son mari, tout comme sa fille aussi. Jean Pierre Bacri, qui interprète celui qui ne croit en rien, finit par être convaincu de la date de sa mort que lui a prédite une voyante. Et puis, dans le rôle du grand méchant loup, il y a Benjamin Biolet, qui se débrouille plutôt pas mal, mêlant classe et froideur.

Pourtant, à défaut d’un conte de fées, « Au bout du conte » est une sacrée leçon de vie. Confrontant différents milieux sociaux, plaçant chaque personnage face à ses propres difficultés, allant au-delà des stéréotypes, ce film montre à quel point nous sommes impuissants. Attachés à nos rêves et à nos illusions, il arrive que nous oubliions notre véritable condition. Les personnages du film sont contraints de se débrouiller comme ils peuvent, dans un monde où le chômage, la compétition au travail et les codes sociaux règnent en maître. Peu à peu, il y a perte d’insouciance, perte d’innocence, d’arrogance, de patience, de retenue, de confiance… Mais jamais l’espoir ne disparaît. « Au bout du conte » n’est pas une parodie noire d’un joli conte de princes et de princesses. On rit (parfois jaune), on s’inquiète, on s’attache et on se laisse transporter. Chacun d’entre nous se retrouve dans ce film. Le commun des mortels est loin d’être parfait, mais nous sommes pardonnés. La vie est une suite d’erreurs qui nous forment et nous forgent. En l’acceptant, il semble que nous pourrions être plus heureux…

Sophie Wlodarczak

Image de prévisualisation YouTube

About the Author

Leave a Reply

Optionally add an image (JPEG only)