Blue Jasmine de Woody Allen. Avec Cate Blanchett✭✭✩✩✩

Blue Jasmine de Woody Allen. Avec Cate Blanchett✭✭✩✩✩

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Totalement antipathique, Jasmine fait, ou plutôt faisait, partie de ces femmes riches et enviées, au mari fortuné, aux bijoux ruisselants de diamants et passant la plupart de la journée prélassée dans un transat, au bord de la piscine. Pas de travail, pas de responsabilités, pas de soucis. Bref, la belle vie. Sauf que, manque de chance, il s’avère que son époux est un magouilleur hors pair. Arrêté par le FBI, elle se retrouve à la rue, sans un sou, contrainte d’aller quémander de l’aide à sa sœur, Ginger (caissière de bas étages à San Francisco). Woody Allen semble nous évoquer l’affaire Madoff, datant de la fin des années 2000, et qui a laissé plus d’un Américains ruiné.

Cate Blanchett, qui joue le rôle de Jasmine, est exceptionnelle. Froide, dure et structurée, elle frôle la perfection. Pendant toute la durée du film, elle fait peur à voir. Elle se fond à merveille dans la peau de Jasmine, donnant naissance à une figure pathétique et grandiose, qui parle toute seule, se bourre de Xanax, fait des crises de panique, est à fleur de peau, et boit, beaucoup (trop). Mais il est impossible de s’attacher à ce personnage, impossible de le trouver bouleversant, impossible de le plaindre. Impossible de l’aimer.

Ce n’est surement pas ce que nous demande Woody Allen, d’ailleurs. Habitué à étudier la nature humaine, il ne se fait pas d’illusion sur le sujet. Il nous montre simplement une femme au bord de la crise de nerfs, en manque de luxe et d’argent. Il nous parle d’une chute sociale et de ses conséquences.  Jasmine s’est fait avoir : elle a été l’épouse naïve et crédule d’un homme qui, sous ses airs mielleux, n’était qu’un malfrat. Elle est détruite par ce mariage qui finit en désastre, mais refuse de voir les choses en face. Elle conserve un orgueil particulièrement prononcé, totalement déplacé au vue de la situation dans laquelle elle se trouve. Elle est désagréable et insupportable, même si, au fond, ce n’est qu’une faible carapace qui en dit long sur ses névroses. Elle n’arrive qu’à nous crisper, nous glacer, nous agacer.

Certains disent déjà que c’est l’un des meilleurs films qu’il ait jamais réalisé depuis Match Point. MATCH POINT, vous rendez-vous compte ? Certes, il faut reconnaître qu’en terme technique, Blue Jasmine est particulièrement bien réussi. Mais ce film manque d’âme. Bien que la musique soit entraînante  les plans esthétiques, le style de Woody Allen plaisant, quelque chose gêne. On ne ressent rien. Jasmine est dérangée et elle dérange. Le film ne décolle pas, reste sur la même marche. Certes, Woody Allen ne nous a jamais habitué à des rebondissements « chocs ». Mais là, on ne rit pas, on ne pleure pas. On regarde… Et on s’ennuie. 

Sophie Wlodarczak

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1 Comment

  • Thibaut Dominican 3 novembre 2013 at 21 h 06 min

    Je ne peux que partager cette critique. Ce film est creux, et représente parfaitement le formatage dont est victime le cinéma de Woody Allen. Depuis Vicky Cristina Barcelona, on assiste, vainement, à la destruction de l’audace qui fut jadis la marque de fabrique ce ce réalisateur. Dommage.

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