Borgman, d’Alex Van Warmerdam ✭✭✭✩✩

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Il existe des films dont le synopsis intrigue. Histoire d’un homme de la forêt qui s’en va troubler le quotidien d’une famille bourgeoise néerlandaise, Borgman en fait sans aucun doute partie. En effet tout étonne – et tout attire – dans cet ovni, de l’affiche audacieuse à la filmographie de son réalisateur Alex Van Warmerdam.

L’atmosphère est pesante, la tension omniprésente. Dès le début du film, le spectateur est happé par le scénario ; si tout peut parfois sembler normal, un sentiment d’étrangeté perdure. Camiel, le héros, semble intouchable. Il est un calculateur effrayant dont on se rend peu à peu compte qu’il ne laisse rien au hasard : il sait toujours pertinemment ce qu’il fait, et ne se trompe jamais. Tout d’abord fascinant, le personnage omnipotent se double alors d’une image diabolique de plus en plus profonde. Sans aucun doute, le film entier et sa portée reposent sur ce personnage et la performance inouïe de son interprète.

En effet, le film s’enlise assez rapidement après un début fracassant, et par moments semble se contenter de cet acquis initial. S’il faut atteindre la fin -haletante et virtuose- pour retrouver l’ardeur des premières minutes, le spectateur ne s’ennuie pas pour autant, grâce à des exploits techniques récurrents, ainsi que quelques touches d’humour bien senties. Il n’en reste pas moins une impression désagréable de paresse : le génie pointe souvent au détour d’une scène, mais reste en friche. Ainsi, le spectateur oscille entre admiration et frustration, sans que l’un prenne réellement le pas de façon nette.

Alex Van Warmerdam est sans aucun doute un réalisateur très intéressant et novateur. Et si Borgman pêche à maintes reprises par paresse, il fascine souvent, et Van Warmerdam confirme une nouvelle fois la singularité de son cinéma.

John Dyer

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