[Cannes 2014] Un Certain Regard

[Cannes 2014] Un Certain Regard

as-i-lay-dying-james-franco-bande-annonce En parallèle de la compétition officielle, c’est dans Un Certain Regard que le public cannois peut découvrir les réalisateurs de demain. 18 films ont été présenté tout au long du festival, parmi eux, Lost River, la première réalisation de Ryan Gosling, Eleanor Rigby, inspiré par la fameuse chanson des Beatles et avec Jessica Chastain dans le rôle principal, ou encore Le Sel de la terre, le nouveau film de Wim Wenders. Cette année c’est le film hongrois White God qui a obtenu le prix du meilleur film. L’ACD a pu découvrir 4 de ces 18 films, en voici des courts ressentis:

White God, de Kornel Mundruczo Prix Un Certain Regard 2014

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En compétition officielle en 2010 pour Tender Son – The Frankenstein Project, le réalisateur hongrois Kornel Mundruszo revient pour la troisième fois à Cannes, cette fois-ci dans la catégorie Un certain regardLauréat de ce prix, White God est un film déroutant et ce dès la scène d’ouverture. Lili, une pré-adolescente rebelle, y fait du vélo dans un Budapest désert quand apparaît soudainement une horde de chiens à ses trousses (voir photo). Malgré le choc de cette ouverture le rythme baisse rapidement, et  l’on suit parallèlement au parcours de Lili les mésaventures de Hagen, son chien bâtard. Le réalisateur emploie tout d’abord les codes du film animalier pour enfant, mais la réalisation se tourne peu à peu vers le film d’horreur au fil de la transformation du chien, dans un style pastiche assez réussi. En effet jusqu’alors entouré de l’amour de Lili, Hagen apprend la méchanceté au contact des autres chiens et surtout de l’Homme. Après être devenu chien de combat, il lance alors un cri de révolte à tous ses frères opprimés et devient le leader d’un mouvement canin dévastateur.

Le titre est une référence au roman de Romain Gary Chien Blanc (White Dog) dans lequel un chien est dressé pour n’attaquer que les Noirs. Le film est en fait un réquisitoire contre l’homme Blanc (comparé à un Dieu) et sa toute puissance. Mundruczo cherche ainsi à nous prévenir que nous sommes à l’aube d’une révolution : il a déclaré avoir utilisé le chien pour avoir une plus grande liberté narrative. Dans ce Spartacus canin, la haine de l’Homme se retourne contre lui même dans un bain de sang vengeur. Si le film souffre d’une certaine facilité réalistique ou encore d’un aspect social -au premier degré- inutile, il contient des scènes fascinantes et pousse le spectateur à la réflexion. Le fait qu’il ait remporté le prix peut surprendre au vu de l’ecclectisme de la sélection Un certain regard, mais White God s’avère être un film plus intelligent qu’il n’y paraît et souvent jouissif.

Samedi 31 Mai à 15h10 et Lundi 2 Juin à 17h35 au Reflet Médicis

Party Girl, de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis Caméra d’Or 2014 (meilleur premier film)

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Party Girl, qui a ouvert la sélection Un Certain Regard et remporté le prix de la Caméra d’or, est un film autobiographique pour Samuel Theis, un des trois co-réalisateurs. En effet sa mère y joue son propre rôle : celui d’Angélique, une danseuse de cabaret de soixante ans, qui voit un jour un de ses clients lui faire une demande en mariage.

Sans tomber dans le voyeurisme ou l’artifice, travers dans lequel il est facile de tomber en choisissant un tel thème, le film se veut sincère et troublant par son réalisme : les personnages ne sont pas lisses et aucune Happy End n’est à attendre. Cependant, si aucun jugement n’est porté sur les choix que fait Angélique (sur son mariage, ses enfants) et si le film reste positif, c’est avant tout parce qu’Angélique représente un être libre qui s’assume pleinement, une sorte d’Antigone moderne qui n’appartient à personne.

Samedi 31 Mai à 20h et Mardi 3 Juin à 15h30 au Reflet Médicis

La Chambre Bleue, de Mathieu Amalric

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Des mots d’amour, ou plutôt des mots après l’amour, un interrogatoire à la préfecture de police, une conversation avec son épouse… : les mots perdent leur sens, les images ne sont pas fiables non plus. Amalric place le spectateur, à travers une réalisation élégante et un montage intelligent, dans l’incertitude, devant ce qu’il entend et ce qu’il voit. Tout le récit du film découle de la scène de passion originelle, qui ne cesse de revenir comme une partition tout au long du film ; elle semble, pourtant, irréelle, déconnectée du reste, désynchronisée en elle-même, mais c’est elle qui déterminera tout le drame à venir. Mathieu Amalric, se filmant sans prétention, réussit à captiver le spectateur, en quête d’une vérité toujours insaisissable : les mots sonnent faux, mais le jeu, la mise en scène sonnent juste. La Chambre bleue est une œuvre originale, autour d’un récit traditionnel, qui témoigne de la qualité, et de la certaine audace, du travail de réalisation d’Amalric.

Déjà en salles

Incompresa d’Asia Argento

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Asia Argento, actrice et réalisatrice connue pour son talent, ses frasques et pour être la fille de Dario Argento, nous offre une comédie au goût amer présentée à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard. Si la réalisatrice jure que le film n’est pas autoboigraphique, on se permet d’avoir quelques doutes. En effet le film suit le parcours d’une petite fille de 11 ans, Aria, naviguant de foyer en foyer, entre une mère aimante mais irresponsable, et un père acteur egocentrique. L’irrationalité des personnages introduit une comédie absurde, pas avare en humour mais dont on regrettera la morale trop évidente.

Mercredi 28 Mai à 19h35 et Mardi 3 Juin à 13h20 au Reflet Médicis

Vous pouvez découvrir tous ces films en avant-première jusqu’au 3 juin au Reflet Médicis, rue Champollion. Découvrez le programme complet sur l’Event FB

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