Le Top 10 de l’année 2014

Le Top 10 de l’année 2014

L’année écoulée n’a pas été avare en pépite cinématographique et l’ACD te propose un top 10 du cru 2014, histoire de faire un petit récap’ de ce que tu n’aurais pas du rater, ou tout simplement élire notre palme d’or.

10. Maps to the stars

Encore une année où Cronenberg loupe la Palme d’Or malgré son génie évident en terme de profusion créatrice. Il perpétue avec Maps to the Stars la nouvelle orientation de son cinéma, plus provocatrice envers le système, qu’il soit Hollywoodien ou financier dans Cosmopolis. Les personnages de riches tarés en sont maintenant un élément phare. Pour autant, l’essence de son art reste là. La brutalité et la rage viennent enflammer des corps et des esprits en décadence dans une atmosphère sordide et oppressante. Cette flamme rageuse et démentielle est parfaitement incarnée par Julianne Moore, qui livre l’une des meilleurs performances d’actrice de l’année. L’humour noire est plus que jamais présente dans son cinéma, portée par des dialogues puissants et sans aucune retenue.

9. 12 Years a slave

Oscar du meilleur film 2014 et peut-être meilleur film de l’année tout court. Film sublime à la cruauté sans nom, chef d’oeuvre de cinéma tire-larmes porté par de grandes performances d’acteur (dont un Michael Fassbender fou furieux), 12 Years A Slaves est tout ça à la fois et fera ressortir votre fragile refoulé

8. Gone Girl

Le dernier film de David Fincher n’a pas volé sa place dans ce top. Le réalisateur du mythique Seven signe avec ce long-métrage son plus gros succès au box-office américain. Bien aidé par Ben Affleck et l’excellente Rosamund Pike, il nous offre un nouveau bijou de suspens, visuellement impeccable (il est décidément l’un des seuls à réussir à mettre le numérique au service de sa mise en scène) et porté par un scénario digne de ses plus grands thrillers.

Saint-Laurent, à la différence de Yves Saint-Laurent sortie plus tôt en 2014, n’est pas un biopic au sens linéaire et traditionnelle du terme. Il s’agit plutôt de la vision habitée d’un artiste sur un autre artiste. Bonello a en effet sélectionné des moments symboliques de la vie de Saint-Laurent et dresse un portrait mélancolique et parfois psychédélique de cet homme dont la vie aura été peu à peu la dépossession, voire la dilution, de sa propre personne par la créature qu’il a créé et qui porte son nom : YSL. Mais le talent et le charisme du couturier, simplement suggérés dans le sourire finale de Gaspard Ulliel, sont l’âme de ce grand film et de tout ce qu’à créé ce grand artiste.

6. Interstellar

Dans ce nouveau film, Christopher Nolan fait preuve d’une créativité sans précédents, il essaye d’interpréter une théorie qui n’a pas encore été comprise par les scientifiques, la théorie des cordes. Son imagination l’amène à créer Interstellar, un chef d’oeuvre visuel et sensoriel, qui mêle sentiments humains et explications physiques de l’espace.

En retraçant l’histoire de Ron Woodroof, un cowboy homophobe qui apprend qu’il est séropositif et qu’il ne lui reste que 30 jours à vivre, le réalisateur, Jean-Marc Vallée, aurait pu jouer la carte de la facilité et adopter un ton solennel et tragique. Au contraire, il arrive à concilier humour et drame, accompagnés d’une critique de l’impuissance du corps médical et des labos pharmaceutiques. La maladie est abordée de façon décomplexée et l’on ne s’apitoie pas sur le sort des personnages acharnés et décharnés, incarnés avec brio par Matthew McConaughey et Jared Leto, oscarisés. Cependant, c’est peut-être seulement leur performance remarquable qui nous enthousiasme car le film est, somme toute, assez classique. Il semblerait que le réalisateur ait tout misé sur ses acteurs mais cela suffit à nous convaincre.

Film-Toronto Preview
 4. Her
Dans un futur proche et ultra-connecté, Joaquin Phoenix tombe amoureux d’un système d’exploitation parlant, doté d’une intelligence artificielle très élaborée (la voix de Scarlett Johansson). Cette relation devient à la fois fascinante et terrifiante lorsque le logiciel, s’adaptant et évoluant, apporte au personnage un amour absolu, qui le coupe peu à peu d’un contact avec autrui. Joaquin Phoenix armé de son charisme légendaire, d’une improbable moustache et de fringues pastels est génial dans cette fable futuriste qui interroge au plus profond notre relation et notre dépendance au monde virtuel.
her
Wes Anderson est sans aucun doute l’un des cinéastes au style le plus reconnaissable. Son univers et ses techniques de mise en scène sont tellement identifiables que dès le générique dé début, on sait que l’on regarde un de ses films. On avait peur que toute cette originalité finisse par servir de cache-misère à un manque de renouvellement, surtout quand le réalisateur en est déjà à son 8ème long-métrage. Si certains criaient au fan service et au manque d’idées neuves, The Grand Budapest Hotel est pourtant loin d’être une pale copie de ses prédécesseurs. Avec un traitement toujours plus signé, une esthétique toujours plus enfantine, Wes Anderson procède pourtant à une réelle maturation de son cinéma qui passe, lentement mais sûrement, dans l’âge adulte, prend de nouvelles proportions. Reste à voir combien de temps celui ci parviendra-t-il à ne pas s’enfermer dans son style si particulier. 
gbh
Pour son troisième long-métrage, Jonathan Glazer, qui a fait ses armes dans la publicité, affirme une esthétique mystique impressionnante. Il filme Scarlett Johansson en extra-terrestre dont la mission sur Terre, incompréhensible pour l’entendement humain, est d’attirer des prolétaires dans son van dans les banlieues glauques d’Ecosse, et de les faire disparaître. Mais confrontée aux sentiments et désirs humains qu’elle ne peut appréhender, l’alien se perd peu à peu dans le monde des hommes : Glazer évoque les barrières entre ces deux mondes mentaux étanches avec une introduction magistrale où le néant prend la forme d’un œil, seule lien entre les deux mondes. Under the skin est un grand film visuel dont la finesse de la construction artistique est la hauteur de l’ambition philosophique du propos.
under the skin
Si l’on devait résumer cette année de cinéma, la première chose nous venant à l’esprit serait vraisemblablement la consécration de Xavier Dolan. Avec deux films dans les salles et un immense succès public et critique, le nom du canadien était cette année sur toutes les lèvres. Et même si beaucoup furent agacés par sa sur-présence médiatique, son caractère snob ou son côté un peu tire-larme, peu sont ceux qui n’ont pas été sensibles à Mommy. Ce Mommy nous a éblouis, nous a émus. Il représente un peu l’aboutissement du style Dolan, l’équilibre parfait du style et du récit. C’est aussi une révélation incroyable, Antoine Olivier Pilon, ado hyperactif saisissant. C’est sans surprise que le film se place à la première place de notre classement et on espère que Xavier Dolan saura apprendre de ses erreurs pour aller encore plus haut.
mommy
OFFRE DE CASTING

OFFRE DE CASTING

camera1

La rentrée étant passée, on vous espère bien intégrés. A partir de cette année, afin de vous plonger dans le bain parisien, l’ACD mettra en ligne quelques offres de casting. Avis aux âmes de comédien !

Profitez de nos bons plans et à bientôt sur les écrans !

 

Et voici pour commencer:

 

– Nouveau Casting!!! REGION PARISIENNE UNIQUEMENT.
Vous êtes FAN de James Blunt ? Vous connaissez ses chansons par cœur et l’aimez depuis des années ?
Vous êtes prêt à témoigner pour une nouvelle émission qui lui est consacrée ?
Contactez moi au 01.75.60.38.67 ou par mail laurene.castingtv@live.fr

 

– Dans le cadre de la mise en scène d’Othello de Shakespeare.
Nous cherchons activement un IAGO .
Personnage menteur, raciste et malin .
Rémunération en cachets par soir .
Merci d’envoyer votre candidature à:
Castingprojet2014@gmail.com

 

Les Simpson rendent hommage à Stanley Kubrick

Les Simpson rendent hommage à Stanley Kubrick

À l’occasion de la sortie du XXV Horror Show, épisode spécial Halloween, Les Simpson reviennent sur la filmographie du plus grand des réalisateurs.

L’extrait intitulé « A Clockwork Yellow » met en scène Homer et sa bande façon Alex et ses droogies d’Orange Mécanique, pénétrant dans le manoir de Mr Burns, qui y donne une orgie masquée à la Eyes Wide Shut. On notera également les références à 2001, L’Odyssée de l’espace, Barry Lyndon et Full Metal Jacket. Enfin, Stanley Kubrick lui-même fait une apparition posthume aux manettes de cet épisode.

L’ACD recrute !

L’ACD recrute !

lesmecs

Ton entrée en asso c’est pour bientôt, si tu n’as toujours pas rempli ta fiche de recrutement sache qu’il est encore temps, en effet tu as jusqu’au WEI pour te décider. Et si tu as encore du mal à faire ton choix, sache que l’ACD t’ouvre son local le mercredi 15 Octobre de 12h à 17h pour te laisser l’occasion de discuter avec nous et mieux nous découvrir.

Pour te donner un aperçu de ce que fait l’ACD, on t’invite à notre première projection qui aura lieu toujours le mercredi 15 Octobre à 17h15 (si tu n’es toujours pas rassasié de nous voir pendant l’ouverture du local ). Tu pourras ainsi découvrir ou redécouvrir Sin City puisque le second opus est actuellement en salle ! De nombreuses autres projections sont prévues pour le semestre, dont une maki-projo durant laquelle on vous servira des makis ! Tu peux te tenir au courant de la suite du programme ici.

Mais sache que l’ACD c’est aussi pouvoir monter un festival de cinéma à l’intérieur de ton université pendant lequel tu pourras organiser des avant premières, des conférences/masterclass avec des pointures du cinéma et un concours de court-métrages. Ca sera aussi le moment de voyager à Venise, Cannes, Berlin pour aller à la rencontre de tes cinéastes préférés et voir les films qui vont faire parler d’eux avant tout le monde.

Bref l’ACD c’est tout ça et plus encore, alors n’hésite pas à passer en B018 pour nous rencontrer et chiller !

 

Image de prévisualisation YouTube
Top 10 des têtes les plus délirantes de Willem Dafoe au cinéma

Top 10 des têtes les plus délirantes de Willem Dafoe au cinéma

1680777_3_fe45_willem-dafoe_870be3a6b36cb61ecefb1b68045a7b56

Dans le récent The Grand Budapest Hotel, Willem Dafoe interprète le premier grand méchant de la filmographie Andersonienne, un tueur taciturne n’hésitant pas à défénestrer des chats pour le plaisir (ou presque). Si ce choix d’acteur peut paraitre évident, il a fait naître chez nous l’envie de percer le mystère Dafoe: pourquoi est-il si effrayant, parfois à la limite du comique ?

Cet acteur devenu mythique n’aurait pas su diriger sa carrière professionnelle vers autre chose que le cinéma. Il suffit de l’imaginer discuter potins à la machine à café pour se rendre compte qu’il était plus crédible en taré grillant une clope, observant avec insistance un malheureux à qui il ne reste plus que quelques secondes avant de se faire passer la tête dans un presse-papier, et ça, seul le cinéma le permet. Car l’immense carrière de Willem Dafoe c’est avant tout des rôles de psychopathes louches et mystérieux, de démons charismatiques, campés grâce à la puissance d’un don du seigneur : ses expressions faciales. Pour schématiser, il ne faut à son visage qu’un centième de seconde pour passer d’un état déjà intriguant à un état proche de la démence.  Nous avons, en vain, cherché des photos de ses parents pour essayer de comprendre quel mélange subtil pouvait donner vie à une tel capacité à inspirer la peur; nous avons parcouru sa filmographie pour essayer de percer le mystère Dafoe. Une seule réponse est apparue : en permanence dans l’ambiguïté entre le grandiose et le surjeu, ce type est un génie complètement barge. Petite compilation de ses têtes les plus délirantes :

 

10. The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson

En 10, le déjà cité Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, avec un Jopling qui sonne presque comme une parodie du personnage. Toujours est il que cet homme de main est à la fois effrayant et hilarant, la recette Dafoe en somme.

La critique de l’ACD

gbh

9. La Dernière tentation du Christ, de Martin Scorsese

Il paraît que c’est la tête qu’il a fait quand son manager lui a dit : « tu joueras dans un film de Scorsese, et tu incarneras Jésus ».

conversationschrist_13

8. Cirque du Freak: The Vampire’s Assistant, de Paul Weitz

Salvador Dali qui comprend subitement le mystère de l’univers ? Non, Willem Dafoe dans un film de vampire plutôt crappy que creepy, à ranger dans la terrible catégorie des “films pires que Twilight”. Atterrir dans un tel navet peut sembler triste pour un acteur de son gabarit, mais il arrive à sublimer ponctuellement la nullité globale par ce faciès absurde, ce regard asymétrique et cette moustache “façon dictateur sud-américain”.

Gavner Purl

7. Platoon, d’Oliver Stone

Dans une scène mythique du film, le jeune Charlie Sheen est initié à l’opium et à la marijuana par le sergent Elias, campé par un Willem Dafoe des grands jours, tout ça sur les effluves acidulées de White Rabbit, l’hymne psychédélique de Jefferson Airplane. C’est là qu’on se dit que si un jour le cinéma ne fonctionnait plus pour lui il pourra toujours se reconvertir en attraction phare d’un musée pour drogués. Sacrément trippant le man !

Platoon bis

Découvrez cette scène mythique ici

6. American Psycho, de Marry Harron

Dans un monde où Willem Dafoe serait inspecteur de police, tous les suspects avoueraient leurs crimes avant même de les avoir commis. Soutenir son regard pendant plus de 30 secondes en salle d’interrogatoire, ou comment s’imaginer rôtir écartelé dans le plus infâme recoin des enfers. Pas étonnant que Patrick Bateman soit devenu aussi timbré !

American Psycho Willem Dafoe

5. Les Anges de Boston, de Troy Duffy

En parlant d’enfer, c’est clairement de là que sort ce personnage, qui se fait pourtant appeler l’ange. Superbe performance d’acteur de Willem Dafoe qui réalise ici la prouesse de ressembler la clope en décomposition qu’il tient à la main.

dafoe_4

4. Spiderman, de Sam Raimi

Même si le nom de Willem Dafoe ne vous dit rien, vous connaissez forcément Norman Osborn, ou le Bouffon Vert, fameux personnage de la saga Spiderman, remarquable pour être le seul méchant de comics faisant plus peur sans son masque qu’avec.

Spider-Man-2002-Norman-Osborn-Willem-Dafoe-creep

3. The Smile Man, d’Anton Lanshakov

Ce court métrage de 9 minutes permettrait de remplir plusieurs tops 10 à lui seul. Le pitch est simple, à la suite d’un accident, un homme subit des dommages nerveux qui paralysent certains muscles de son visage et le forcent à arborer un immense sourire jusqu’à la fin de ses jours. Le Joker peut aller se rhabiller !

Le court métrage est à découvrir ici

The Smile Man

2. Speed 2, de Jan De Bont

Quand on voit la tronche de Willem Dafoe dans ce film, on se demande s’il s’agit de la vitesse ou de la drogue dont il est question dans le titre. Nous pensions avoir épuisé tous les adjectifs pouvant qualifier Willem Dafoe, en voila un nouveau pour son rôle de “super-méchant” dans cette suite d’un classique du cinéma d’action : méphistophélique (selon Le Petit Robert : “Qui évoque Méphistophélès, semble appartenir au démon”). Une sorte de Méphistophélès sous speed : one hell of a trip !

speed_2-dafoe

1. Sailor & Lula, de David Lynch

Qui est Bobby Peru ? Vaste question : on sait qu’il apprécie le Jack Daniels, qu’il vit dans un motel moisi perdu dans les tréfonds du Texas et qu’il est un criminel sociopathe au pouvoir de fascination agissant tant sur les hommes que sur les femmes. Ce personnage donne à lui seul le ton si mystique qui caractérise Sailor et Lula (Wild at heart) de David Lynch, Palme d’or à Cannes en 1990. Sailor et Lula c’est l’exploration par un couple à la Bonnie and Clyde d’une Amérique fantasmée, parfois cauchemardesque, et qui ne semble peuplée que par des freaks, dont Bobby Peru est le plus perturbant. Enfin vous l’aurez compris, Bobby Peru était un personnage taillé pour Willem Dafoe, qui nous offre ici sa tête de loin la plus délirante.

Image de prévisualisation YouTube

« I guess they often cast me as the bad guy, because I’m not, er, conventional looking. I look sort of violent. I’m the odd one out, the outsider. »

– Willem Dafoe

Willem-Dafoe-Tatler-4nov13_rex_b_400x600

TV & AT

Sortie DVD du film GABRIELLE

 

 

GABRIELLE-3D-small

 

Lors de sa sortie en salle, « Gabrielle » a marqué les esprits. Par sa sincérité et sa force, l’histoire de ces jeunes amoureux atteints du syndrome de Williams a séduit le public. Le film a notamment été récompensé par le grand prix du cinéma ELLE, le festival d’Angoulême et le festival de Namur. Peut-être l’avez-vous vu, et avez été bouleversé par ce petit bijou. Ou alors vous l’avez raté, par manque de temps, de motivation, ou d’envie…

A l’occasion de la sortie en DVD de « Gabrielle », c’est le moment de découvrir ou redécouvrir cet émouvant récit. Laissez-vous emporter par la musique, vivez au rythme des personnages, ressentez leurs sentiments et partagez leur bonheur.
A coup sûr, vous tomberez en amour pour Gabrielle. 

De plus, avec le code promo BLAQOUT 2014, vous bénéficiez de -30% sur tout la boutique blaqout, et ce jusqu’au 31 mars.

Rendez-vous sur http://boutique.blaqout.com/collections/nouveautes/products/gabrielle

« Gabrielle » est d’une douceur infinie. Le film nous transporte au cœur d’un univers sensible et délicat, où deux amoureux atteints d’une déficience mentale veulent vivre leur histoire sans barrière. Louise Archambault parvient à transmettre les sentiments des personnages sans en faire trop, en les cernant de manière subtile, tout en gardant une sincérité remarquable. Elle essaye de se mettre à la fois du côté des adultes, souvent démunis face aux comportements du jeune « couple », mais aussi du côté des amoureux, pour qui le besoin de prouver leur autonomie est essentiel. Sans jamais juger, apportant simplement son regard sur la différence, la réalisatrice signe un film d’une grande justesse. Gabrielle Marion-Rivard, l’actrice principale, rayonne, nous émeut et nous bluffe. Un film à voir et à revoir, comme une leçon de vie, comme un hymne à l’amour.

 

Sophie Wlodarczak

 

 

Le top 5 2013 de l’ACD

Cette année encore, l’ACD a dressé son top 5 des meilleurs films du millésime 2013, l’occasion pour les retardataires de se faire une idée de ce qu’a été le cinéma l’an passé !

5. Inside Llewyn Davis

On commence par le dernier film des frères Cohen, grand prix de la 66 ème édition du festival de Cannes. Le film raconte une semaine de la vie d’un jeune chanteur de folk qui cherche à percer, interprété par Oscar Isaac. Un film touchant, un hommage aux ratés, un film à voir absolument.

INSIDE+LLEWYN+DAVIS+PHOTO1
4. Mud

Mud, de Jeff Nichols, était l’un des films les plus attendus de l’année. En compétition officielle au Festival du film de Cannes en 2012, ce n’est qu’un an plus tard qu’il sort sur grand écran. Avec le succès unanime de Take Shelter, Jeff Nichols avait mis la barre très haut. Ce nouveau film devait donc tenir ses promesses et se révéler tout aussi bon. Ce fut chose faite.

L’ACD a été sensible à la réflexion que nous offre Mud sur la vie, l’enfance, l’espoir… et surtout, sur l’amour. Et même s’il est un peu long (2h10), on se laisse transporter avec bonheur par ce film bouleversant qui ne laisse pas indemne.

Mud-les-sirenes-du-Mississipi_article_landscape_pm_v8
Bien que très controversé, l’ACD a choisi de placer Spring Breakers en 3ème place de son classement. Vous avez surement dû entendre parler de ce film et de la polémique qu’il a entraîné. Juste pour le plaisir, on vous refait  un petit topo.
Spring Breakers, c’est l’histoire de quatre filles, fauchées mais terriblement sexy, qui décident de braquer un fast-food pour se payer leur Spring Break. Puis, lors d’une soirée qui dérape, elles se font embarquer par la police. Alors qu’elles pensent être  sévèrement punies par la justice, un gentil sale mec les délivre, parce qu’il est d’une bonté sans nom (mouais). C’est le point de départ de leurs aventures, qui s’annoncent sous le signe de la débauche, de la drogue, de la drague, du sexe et on en passe, une ballade onirique sur les sentiers de la perdition. Harmony Korine nous offre un trip totalement halluciné sur les plages de la Floride, une bulle mystique où le temps d’un film le monde cesse de tourner rond.
On aime, ou on n’aime pas. Quoi qu’il en soit, Spring Breakers a marqué les esprits. Ça lui vaut bien une place dans le classement. Spring Break Forever !
spring-breakers
2. Django Unchained
Le western revisité par Tarantino sur fond d’esclavagisme : c’est ce mélange détonnant que l’ACD a choisi de hisser à la deuxième place du top 2013. Hommage au grand cinéma américain, le film réunit tous les éléments qui ont fait le succès du réalisateur (primauté des dialogues et du scénario, mais aussi une violence crue et une furieuse envie de bousculer les codes) mais repose paradoxalement sur la prestation incroyable de Jamie Foxx (bien épaulé certes par un Waltz encore parfait et un Di Caprio qui cabotine plaisamment).
Django Unchained est un déchaînement polymorphe et ultra-jouissif, aussi bien pour les personnages que pour Tarantino – et pour nous, bien sûr ! Critiqué pour sa violence parfois trop extrême et son usage excessif du mot « Nigger », le film nous a profondément marqué par sa puissance visuelle, sa bande son envoûtante et ses trois heures presque trop courtes. Django Unchained avait parfaitement lancé 2013 : jubilatoire et vertigineux, il était indispensable à notre top !
Django unchained

La palme d’or de Cannes 2013 est également le grand premier du top ACD 2013. Ce film qui aura suscité moult polémiques nous offre à voir une  comédienne d’une générosité sans nom. On avait rarement vu une actrice se donner à corps perdu dans son rôle d’une telle façon (d’où le choix plus que légitime de renommer le film « La vie d’Adèle »). On est au plus près d’Adèle, au plus près de la vie, la caméra de Kéchiche  parvient tout bonnement à extraire cette part de sublime qui réside dans le réel; un simple battement de paupières, une simple bouche prennent des proportions incroyables, on est « dans les sens » comme on ne l’a que rarement été.
Ce film d’un naturel confondant parvient, même longtemps après son visionnage, à nous interroger, à donner lieu à des discussions enflammées tant il se révèle être d’une richesse inépuisable. « La vie d’Adèle » a su marquer 2013, son public et le cinéma en général, il se devait de figurer sur la marche la plus haute de notre podium.
À voir et à revoir pour en saisir toute la teneur.
BELLE
Top 5 ACD 2012

Top 5 ACD 2012

Voici le top des 5 films élus meilleurs films du cru 2012 par les membres de l’Association Cinéma Dauphine:

5. Bullhead

Le film de Michael R. Roskam arrive en dernière place de ce top ACD des films de l’année 2012. Dans cette enquête policière captivante sur la mafia des hormones en Belgique, Matthias Schoenaerts (De Rouille et d’Os) mérite largement son Prix d’Interprétation Masculine au Festival de Cinéma Européen des Arcs.

4. Oslo 31 Août

Adaptation moderne du Feu follet de Pierre Drieux La Rochelle, Oslo 31 Août raconte la journée complète, entre perdition et errance, d’un addict à l’héroïne en permission de sortie. Bonne surprise de l’année, ce film est le second du réalisateur norvégien Joachim Trier.

3. Holy Motors 

Après 13 ans sans avoir réalisé un film, Léos Carax revient pour prendre la 3ème place de ce classement. En compétition officielle au Festival de Cannes, ce film hallucinant, véritable hommage aux différents genres du cinéma, méritait pour beaucoup la Palme d’Or.

2. Moonrise Kingdom

Film d’ouverture du Festival de Cannes, Moonrise Kingdom de Wes Anderson est un vrai petit bijou de sensibilité. Avec ce film, on fuit la réalité et tout ses ennuis pour se retrouver plongé dans un monde d’enfant rempli d’amour. Un pur moment de bonheur.

1. Take Shelter

Roulement de tambour … Take Shelter est le grand gagnant de ce Top 2012 ! Film apocalyptique entre fiction et réalité (certes le 21 décembre est passé et nous sommes toujours là mais avouez-le vous avez eu peur…), il nous captive du début à la fin. Mais ce film est avant tout une métaphore du déclin de l’Amérique et de sa classe moyenne incarnée par le couple principal … À voir absolument.

Les Enfants du Paradis, de Marcel Carné – Exposition

Les Enfants du Paradis, de Marcel Carné – Exposition

24 octobre 2012 – 27 janvier 2013, La Cinémathèque française

« Comment vous appelez-vous ? –Moi, je ne m’appelle jamais. Je suis toujours là, je n’ai pas besoin de m’appeler. Mais les autres m’appellent Garance, si ça peut vous intéresser. »

Ah ! Garance…  Ce si joli « nom de fleur » restera à jamais gravé dans la mémoire du spectateur comme étant celui du personnage si somptueusement interprété par la grande Arletty dans Les Enfants du Paradis. A l’occasion d’une exposition consacrée à ce film à la Cinémathèque française du 24 octobre 2012 au 27 janvier 2013, cette petite merveille de 1945, réalisée par Marcel Carné, et restaurée par Pathé, est projetée en ce moment dans plusieurs salles de cinéma de la région parisienne, et notamment à la Filmothèque du Quartier Latin.

Comment parler d’un film aussi riche et magistral, d’un pareil chef-d’œuvre ?

Déjà, en commençant par une chose simple : courez-y. Aucune hésitation ne peut être tolérée. Que vous soyez cinéphile ou tout à fait ignorant du cinéma, ce film vous émerveillera comme rarement vous l’avez été. C’est peut-être même ce film qui vous fera – si ce n’est déjà le cas – tomber amoureux du 7e art…

Cette œuvre est « un petit acte plein de gaieté et de mélancolie. Deux êtres qui s’aiment, se perdent, se retrouvent et se perdent à nouveau », déclare l’un des personnages du film au sujet d’une pièce qu’il est en train d’écrire. Elle nous entraîne en plein cœur de Paris, dans l’ambiance festive et bohème du milieu théâtral et de la pantomime, durant les années 1830. Difficile de croire qu’un tel projet a pu être réalisé pendant l’Occupation tant l’atmosphère y est enchanteresse et merveilleuse.

La première vertu des Enfants du Paradis est de nous rappeler qu’un film est avant tout un travail d’équipe. C’est cette association parfaite du réalisateur Marcel Carné avec son scénariste -rien de moins que le poète Jacques Prévert !- ainsi qu’avec les plus grands réunis à la caméra, aux décors, à la musique, aux costumes et sans parler du jeu si brillant des acteurs – Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Maria Casarès à son tout début de carrière- qui fait sûrement toute la grandeur de l’œuvre. Présenté en deux parties et d’une durée de 3h10, le film ne présente, à aucun moment, la moindre fausse note. Tout y est parfaitement accordé : chaque dialogue est reçu comme un vers mélodieux, chaque personnage (et ils sont nombreux) nous présente un incroyable relief et un charisme unique.

 Inspirés de personnes qui ont réellement existé pendant la première moitié du XIXe siècle (le mime français Jean-Gaspard-Baptiste Deburau, le grand acteur Frédérick Lemaître, et Pierre François Lacenaire, cet illustre poète-assassin à la fois chansonnier et escroc), le spectateur est complètement transporté, enivré par toutes ces personnalités hors pair, si talentueuses et pleines d’esprit. Malgré leur pauvreté, les personnages vivent dans une sorte de microcosme de fête et de spectacle, ils nous invitent parmi cet enchevêtrement incessant de rencontres, d’amitiés, d’histoires amoureuses, mais aussi de désespoir. Il est très rare de rencontrer (hormis dans les romans de Balzac!) une élaboration si fine et riche de relations entre les personnages, d’être confronté à une incarnation si juste et talentueuse par les acteurs.

Même si la mise en scène et le jeu des acteurs sont encore largement imprégnés du théâtre, toute une recherche cinématographique peut aussi être appréciée dans le film. En effet, le tout premier plan et son long travelling surplongeant le « boulevard du crime » et sa foule ambulante témoigne d’emblée d’un certain souci du travail de la forme cinématographique. Le réalisateur est loin de ne présenter que des plans fixes et une simple mise en scène théâtralisée. Au contraire, le hors-champ est brillamment investi (pour le meurtre du comte notamment), le montage apparaît particulièrement signifiant du fait de la multitude des personnages qui rythment le film et qui ne cessent de s’entrecroiser etc. Ainsi, le travail sur le support cinématographique lui-même présente toute une richesse de sens, un rythme incroyablement vif et maîtrisé. C’est toute cette tension entre le théâtre et le cinéma, le rêve et la misère, l’amour et la mélancolie, ce « réalisme poétique » dont on le qualifie, qui constitue la force même du film. Le spectateur n’a qu’une seule envie en sortant du film (ne vous laissez surtout pas impressionner par sa durée !) : retourner le plus vite possible dans ce monde si magique.

«  Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour. »

Mais il peut faire encore mieux ; il peut, à travers les nombreuses archives que propose la Cinémathèque, pénétrer dans les coulisses mêmes du film. L’histoire plutôt tumultueuse de ces deux ans de tournage, des interruptions qu’il a dû subir ou encore de son budget colossal lui sera reconstituée. Le spectateur pourra découvrir tout ce qui concerne de près ou de loin le film, à travers les nombreuses affiches, les dessins, photographies, matériels publicitaires, costumes, appareils, scénarios, correspondances, maquettes, rushes que l’exposition réussit à rassembler. Il aura le sentiment de se balader au sein même de l’environnement du film grâce à la reconstitution de l’une des façades en trompe-l’œil du décor, le Boulevard du Crime. En bref, cette exposition brillamment constituée et organisée, permettra au spectateur de prolonger cet emportement  si merveilleux que le film a pu lui transmettre.

Bon, quand est-ce qu’on y retourne ?

Marion Attia

Image de prévisualisation YouTube

LES ENFANTS DU PARADIS, L’EXPOSITION
du 24 octobre 2012 au 27 janvier 2013
Lundi, Mercredi à Samedi : 12h-19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h
Dimanche 10h-20h
Fermeture le mardi

La Cinémathèque française – 51 rue de Bercy 75012 Paris (Métro Bercy – Lignes 6 et 14)

Plein tarif : 10 €*
Tarif réduit : 8 €*
Moins de 18 ans : 5 €*