Doubles vies, Mostra 2018

Doubles vies, Mostra 2018

Commençons par un peu de formalité, Doubles Vies est un film français de Olivier Assayas, mettant en scène de grands noms du cinéma francophone comme Juliette Binoche, Guillaume Canet, ou encore Vincent Macaigne. Présenté en sélection officielle à la 75eme édition de la Mostra vénitienne, Doubles Vies a été nominé pour le lion d’or et le prix spécial du jury (deux prix prestigieux du monde cinématographique). L’ACD ayant eu la chance de participer à ce grand festival, il n’est que justice de partager nos impressions sur ce film qui sort au cinéma le 16 janvier 2019.

C’est dans une salle de 1400 places, toutes occupées, que nous avons assisté à 110 minutes d’un film que je qualifierais de complet (terme que j’expliquerai par la suite). En effet, Doubles vies parle de personnages travaillant principalement dans le monde de l’édition (éditeur, auteur, responsable numérique, etc) qui se questionnent sur l’évolution du livre dans la société actuelle. En parallèle, chacun des couples du film se fragilise à coup de liaison et de dissimulation, d’où le nom « Doubles Vies ». D’ailleurs, vous remarquerez que je n’utilise pas le mot « tromperie » ; à mes yeux une tromperie insinue de la méchanceté sournoise, méchanceté qui n’apparait pas ici. Du point de vue des personnages, ces liaisons existent seulement pour pimenter une existence dans laquelle ils se sentent perdus, et d’un point de vue du spectateur, elles sont là pour accompagner les réflexions des protagonistes et nous aider à mieux les comprendre.

Ce sont ces deux aspects du film qui  de mon point de vue le rendent complet. Si le spectateur est un tant soit peu intéressé par la littérature et les livres, les problématiques abordées dans cette oeuvre sont très actuelles. D’un autre côté, on peut très bien se laisser aller aux vies des personnages qui sont drôles et un minimum intrigantes. Ce film est distrayant, léger et ne tombe pas dans le cliché. Exemple tout bête : le film aborde pendant environ 45 secondes la bisexualité d’un des personnage, et ce passage n’est ni gratuit ni caractérisant, il est juste là pour dépeindre un peu plus la personne concernée comme on parlerait d’un plat préféré. Doubles Vies parle de sexualité avec totale indifférence, ce que je trouve être très appréciable et un vent de fraîcheur. Un seul point négatif serait le jeu des acteurs qui manque parfois de naturel (certes Guillaume Canet joue un éditeur, mais personne ne dit « en effet, cela ne sert donc à rien » dans une conversation décontractée). Ceci dit, cela reste occasionnel et ne nous sort absolument pas du film.

Finalement, Doubles Vies d’Olivier Assayas est plaisant et intéressant, et il arrive à faire filer un peu moins de 2h de film. C’est un film qui n’est ni une comédie pittoresque à la Bienvenue chez les Ch’tis, ni un film d’auteur larmoyant et ennuyeux, il a donc le mérite de défier le cliché du cinéma français.

 

Liora Taieb

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