End Of Watch, de David Ayer

End Of Watch, de David Ayer

End of Watch est la claque du mois, celle qui marque et remet les idées en place ; d’autant plus  violente qu’inattendue.

Brian Taylor et Mike Zavala, jeunes officiers de police, patrouillent dans les rues les plus dangereuses de Los Angeles, risquant leur vie chaque jour dans leur lutte contre les cartels de drogue et leurs milices surarmées. Ils embarquent dans un périple sanglant où chaque erreur est marquée d’un coup de feu. « Protéger et Servir »

Malgré son joli succès aux Etats-Unis, en France le film est expédié dans les petites salles dès sa première semaine d’exploitation et il serait  facile de manquer ce rendez-vous coup de poing, pris en tenaille par le rouleau compresseur James Bondien et les succès d’Argo et Looper, plus populaires. Pourtant  End of Watch est un film explosif, d’une violence dérangeante car on sait qu’elle n’est que la reconstitution  fidèle de celle qu’éprouvent quotidiennement les forces de l’ordre dans les quartiers chauds de Los Angeles.

Loin de signer un film de propagande pour l’ordre et la morale, comme le fait parfois Hollywood en répondant aux commandes du Pentagone (Act of Valor), le réalisateur filme les bas-fonds de Los Angeles avec une nervosité comme on n’en avait pas vu depuis un moment. Il les avait déjà dépeint dans Training Day dont il avait signé le scénario mais il abandonne ici toute stylisation pour livrer un long métrage brut, taillé dans la roche.
Filmé à la volée, parfois par les personnages eux-mêmes, le long métrage flirte avec un Cinéma Vérité brutal et sans concession. Cette authenticité, nous la devons aux personnages, qui permettent à End of Watch de prendre une dimension quasi documentaire.

Malgré toutes les tragédies, déjà bien grandes pour la vie d’un homme, que connaissent chaque jour nos deux coéquipiers, ces derniers conservent l’énergie pour rire et continuer à vivre. Ils nous livrent ainsi de véritables moments de complicité, gorgés d’humour, qui illuminent le visage du spectateur entre deux opérations sanglantes. Car c’est avant tout un drame humain que nous livre le scénariste-réalisateur David Ayer. Les amitiés sont scellées dans l’ombre du danger et la famille ainsi que le courage servent de repères dans un mode de vie instable où chaque moment peut être le dernier.
On sort de la salle en chancelant, cherchant à retrouver nos marques  dans un monde qui, s’il est plus paisible le doit à ces héros de l’ombre sans masque ni cape, identifiable seulement à leur insigne sur la poitrine.

 Maxime Cesbron

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