Frankenweenie, de Tim Burton

Frankenweenie, de Tim Burton


De quoi avoir peur

Frankenweenie, c’est un super film. Vraiment. Après le désastre Alice et le faible Dark Shadows, on pouvait légitimement se méfier de ce nouveau long métrage. Et pourtant, Burton retrouve ici son génie et arrive de nouveau à enchanter.
C’est l’histoire d’un gamin, Victor Frankenstein, dont le seul ami est un chien, Sparky, un peu laid mais follement attachant. Quand ce chien va mourir, Victor dont l’esprit est totalement tordu, décide de redonner vie à son animal.

Cette référence évidente au héros de Mary Shelley, dans la thématique et dans le nom n’est pas unique. On retrouve par exemple une jeune Van Helsing, ou encore un terrifiant Edgar «E» Gore. Oui, comme Poe. Burton s’amuse avec ces références, et les multiplie! Les monstres horrifiques de la Hammer des années 1940 y passent, le prof de Victor est calqué sur un Peter Cushing transylvanien sauce Salvador Dali, les arrières plans sont criblés de petits détails (pour exemple, un cinéma projète Bambi, interprétable), tout ceci fait le charme de ce film.

Un vrai bon Burton

On sent aussi que cette oeuvre est très personnelle pour Burton, ce n’est pas un Alice de commande, c’est au contraire un film qui a muri près de 35 ans, inspiré de l’enfance de Tim: il avait réalisé un premier court en 84, sur la même histoire, filmé avec de vrais acteurs. Ces références, cette histoire, le film réalisé par Victor au tout début, tout fait écho à la vie de Burton, on y sent de la passion.

Coté technique, le traitement en Stop Motion, à la manière des Noces Funèbres ou de l’Étrange Noël de Mr Jack, cette fois en noir et blanc, est parfait, fluide, précis. Les marionnettes sont pleines de caractères, la patte graphique est reconnaissable entre milles. L’effet 3D va d’ailleurs parfaitement avec l’univers, c’est très bien intégré et utilisé. La musique d’Elfman est encore un bijou, tout en délicatesse et en «macabrerie». En résumé, tout est soigné, léché.

C’est un de ses films dont on connait la fin en voyant les 3 premières minutes, mais pour autant, le scénariste s’amuse a brouiller les cartes, à lancer plein de fausses pistes, ce qui fait qu’on est constamment surpris par les événements. La mort de Sparky, les transformations, le maire, tout est étonnant. Et le film est une fabuleuse initiation a la réflexion, sur la mort, certes, mais aussi sur la science, avec un joli discours du professeur de Victor.

L’histoire est terriblement mignonne, la galerie de personnage est dingue (mention spéciale au chinois et à la fille au chat), c’est drôle, touchant, surprenant, voire parfois flippant, enfantin mais pas trop, le défi de Burton est largement relevé.
On ne peut surement parler de chef d’oeuvre, mais après 1h28 de film, on en redemande, merci Tim!

Cyril Castagnet

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