Jack Reacher, avec Tom Cruise

Jack Reacher, avec Tom Cruise

Après avoir redynamisé l’an dernier la saga Mission Impossible, dont le prochain volet est d’ailleurs en préparation, Tom Cruise prouve avec Jack Reacher qu’il a définitivement sa place parmi les étoiles qui bordent la montagne de Paramount Pictures. La tête brûlée Maverick dans Top Gun, le père de famille dans la Guerre des Mondes ou encore l’impossible Ethan Hunt sont autant d’exemples témoignant que Tom Cruise n’a pas son pareil lorsqu’il s’agit d’interpréter des personnages qui restent gravés dans les mémoires des spectateurs. Avec Jack Reacher,  l’acteur-producteur ne déroge pas à cette règle et ajoute une nouvelle figure haute en couleurs à sa filmographie.

Mais qui est ce Jack Reacher ? Parler de lui au présent est difficile. Ancien enquêteur brillant dans la police militaire, on a perdu toute trace de lui après qu’il ait rendu son insigne. Un matin, un homme armé tire six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent le sniper qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher ». Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher, aidé par une avocate idéaliste, à affronter un ennemi inattendu et redoutable, qui garde un lourd secret.

Tous les stéréotypes du genre sont présents et semblent annoncer un film sans surprise : la jeune avocate ambitieuse et droite comme un « i », la corruption en toile de fond et un russe qui tire les ficelles. Mais il n’en est rien et le film part bien souvent de ces figures imposées pour mieux les contourner. Ainsi, Tom Cruise n’hésite pas à manier l’autodérision jouant, amusé, avec l’image du héros de film d’actions qu’il véhicule dans bon nombre de ses productions. C’est d’abord grâce à lui que Jack Reacher fonctionne. Létal, radical et direct, le costume du film d’action lui va toujours à ravir. Mais ce sont la flegme du personnage et la sérénité qu’il arbore dans toutes les situations, même les plus extrêmes qui rendent son charisme d’autant plus irrésistible. Le spectateur, déjà intrigué par cette figure d’anti-héros, finit ainsi d’adopter ce nouveau personnage hors du commun.

Le film est à l’opposé de ce que l’on voit aujourd’hui dans le cinéma d’action. Le réalisateur Christopher McQuarrie opte pour une mise en scène fluide et un montage maitrisé quand la mode est davantage à la caméra à l’épaule à outrance et au montage épileptique. La tension palpable qui se dégage du film est d’autant plus remarquable qu’elle ne réside pas dans des effets de manches techniques bien souvent éculés. Le réalisateur manie son récit d’une main de maître, prenant son temps pour raconter son histoire (le film dure 2h10). Pour autant, on ne s’ennuie à aucun moment devant Jack Reacher et c’est sans doute dû à la volonté du cinéaste de ne pas céder aux sirènes de l’entertainment abscons confondant souvent vitesse avec rythme.

Les talents de technicien de McQuarrie sont pleinement révélés dans une poursuite en voiture haletante, comme on n’en avait pas vu depuis Boulevard de la Mort. Jack Reacher joue « en analogue dans une ère digitale » comme l’a déclaré l’acteur, oubliez donc les derniers modèles des grands concessionnaires. Jack Reacher est au volant du Chevrolet Chevelle, aussi sauvage et caractérielle que son conducteur. Entièrement réalisées par l’acteur, les cascades sont impressionnantes et positionnent  la séquence comme l’un des moments phares du long métrage.

Avec Jack Reacher, Tom Cruise introduit une nouvelle figure dans le cinéma d’action contemporain, n’ayant rien à envier à un James Bond ou à un Jason Bourne et qui, comme ces derniers, est destiné à revenir sur grand écran. A l’instar de son personnage s’exerçant au tir dans une scène du film, Tom Cruise met dans le mille et ce pour notre plus grand plaisir.

Maxime CESBRON

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