« Je m’appelle Harvey Milk et je suis là pour vous mobiliser »

« Je m’appelle Harvey Milk et je suis là pour vous mobiliser »

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4 Mars 2009, premier jour de sortie dans les salles françaises du film évènement de Gus Van Sant, Harvey Milk. Un an plus tôt, Milk était à l’affiche aux Etats-Unis. Huit nominations aux Oscars dont deux remportés pour le meilleur acteur dans un premier rôle, Sean Penn, et pour le meilleur scénario original. Autrement dit, un film biographique et dramatique qu’il nous est permis d’élever au rang de chef-d’œuvre cinématographique. Dès la première scène, le spectateur est plongé dans une atmosphère de combat, de lutte, mais surtout de victoire. Sean Penn, interprétant de manière magistrale le rôle d’Harvey Milk, nous apparaît tel un héros, enregistrant ses dernières volontés, comme s’il connaissait le destin tout aussi tragique et magnifique qui l’attendait. Le combat d’Harvey Milk est simple: permettre aux Hommes d’être libres et égaux en droits en tous points. Il a alors 48 ans, la scène se passe en 1978. Puis s’opère un retour huit ans en arrière. On retrouve un Harvey Milk séducteur, homme d’affaire seul ayant comme unique combat de ne pas passer son quarantième anniversaire sans personne dans son lit. Une rencontre dans le métro exaucera son souhait, rien de plus banal et lisse en apparence. Or c’est très exactement lors de cette rencontre que Milk décide de déménager à San Francisco avec son nouveau compagnon, Scott Smith, et ouvre sa boutique de photographie, le « Castro Camera ». Le couple s’installe dans le quartier gay le plus connu des Etats-Unis non par hasard. Alors plongé dans un monde où priment audace et revendication, le spectateur découvre des personnages touchants, drôles, séduisants, sexy. Ce petit monde hétéroclite bouillonne d’une envie irrépressible de montrer à tous que les gays ne sont pas que des répliques de poupées Barbie sous blister, mais sont avant tout des Hommes, des humains qui ne demandent qu’à vivre, et non plus à survivre. Commence ainsi la genèse d’une lutte acharnée, le combat d’une vie, un combat pour la vie. Harvey se constitue un petit groupe d’amis qui s’allient rapidement à sa cause; ils forment alors une bande d’activistes homosexuels prêts à en découdre avec la police de San Francisco pour faire entendre leur voix. Sur fond de musiques emblématiques telles que « Queen Bitch » de David Bowie, Harvey Milk prend une dimension moins dramatique, moins harvey-milkpesante, et laisse ainsi place à un vent de fraicheur et d’insouciance. Et c’est sans compter sur les costumes de Danny Glicker qui ne demandent qu’une chose, être portés. Vous retrouverez les mêmes chemises à carreaux et pantalons pattes d’eph aujourd’hui portés par nos chers et tendres hipsters. Retour à la réalité, Harvey Milk se présente aux élections du conseil municipal en 1973. Il perd les élections, se représente en 1975 et perd de nouveau. Il faudra attendre 1977 pour que la loi soit modifiée et lui permette enfin d’être élu comme représentant du cinquième district de San Francisco au conseil municipal. Cependant, une fois devenu le premier homosexuel revendiqué élu aux Etats
-Unis, Harvey se heurte à un problème de taille, qu’il surpasse avec bravoure. Il s’agit de Dan White, promu la même année conseiller municipal. Ce représentant de la communauté chrétienne irlandaise de San Francisco sera et restera jusqu’à la dernière seconde farouchement opposé à l’accord de droits civiques aux homosexuels. Mais une fois que le combat semble remporté, la balle d’un neuf millimètre vient tout ébranler et fait voler en éclat le rêve d’un homme. Harvey Milk aura ouvert la voie à un combat extraordinaire qui perdure toujours aujourd’hui. En effet, son assassinat perpétré par un minable élu municipal, que l’on peut très largement suspecter d’être un gay refoulé, n’aura pas anéantit la voix de la liberté et de l’égalité, mais n’aura fait que la rendre plus forte et plus déterminée que jamais.
L’image finale du film s’arrête sur la marche en hommage à Harvey Milk, où se rendirent 33000 personnes. En effet, tous ses amis, sa nouvelle famille, et tous les hommes et les femmes qui l’ont soutenu se sont réunis pour honorer sa mémoire. Le rêve d’un homme s’est peut-être envolé en une seconde, mais c’est le rêve d’un monde tout entier qui a repris le flambeau.

Je pense qu’il est important, aujourd’hui en 2016 de visionner ce film si cela n’est pas déjà chose faite. L’homophobie doit en effet être combattue, et je pense que c’est à travers l’inspiration de l’histoire extraordinaire de certains hommes tels qu’Harvey Milk que la lutte commence. Le débat est de nouveau ouvert avec le récent scandale des affiches de prévention contre le Sida, qu’une dizaine de Maires Les Républicains ont fait retirer de leur commune. En effet, ceux-ci feignaient que l’image de deux hommes s’embrassant et s’entrelaçant pouvait choquer les enfants, allant même jusqu’à dire que cette campagne « incitait à l’homosexualité ». J’invite donc ces personnes à regarder ce film afin de constater que les gays ne sont pas des pédophiles pervers. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, l’homosexualité n’est pas une maladie, ou sinon dites le moi que je me rende immédiatement dans un hôpital psychiatrique. Blague à part, Harvey Milk a donné le courage à des milliers de gays et lesbiennes d’assumer leur attirance sexuelle. Le combat n’est pas fini, et le cinéma y joue un rôle prépondérant. Pour ne citer que lui, nous pouvons bien évidement parler de Xavier Dolan, qui n’hésite pas à mettre en avant son homosexualité dans ses films. N’ayez pas peur d’affirmer ce que vous êtes, vous pouvez en être fier. J’en suis moi-même fier donc pourquoi pas vous ? « Je m’appelle Harvey Milk, et je suis là pour vous mobiliser ». 

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Axel Cheminal

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1 Comment

  • poulo zieudor 29 novembre 2016 at 21 h 51 min

    #tropstylé

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