La piscine (1969)

La piscine (1969)

Un film qui aurait tout à fait eu sa place à la 70ème édition du Festival de Cannes, « La piscine ».

Jacques Deray nous invite à nous plonger dans une histoire qui, certes, met du temps à s’ouvrir à nous, mais finit par nous offrir un hommage exquis à l’amour. 1969, date de sortie du film, Romy Schneider se trouve alors à l’apothéose de sa beauté, tout comme Alain Delon d’ailleurs. Un couple idyllique, presque utopique, qui nous apparaît comme indescriptible, pouvant même résister à un drame des plus macabres.

En parlant de drame, si vous tapez « La piscine » sur votre ordinateur, Google vous suggèrera un film classé dans la catégorie « policier/drame ». Or ce que nous retenons, c’est en effet une intrigue qui tient en haleine le spectateur, du moins les trente dernières minutes, mais c’est surtout une beauté. Une beauté qui puise sa force dans les éléments extérieurs au déroulement même du scénario.

Tout d’abord, les décors. La maison surplombe la baie de Pampelonne, sur les hauteurs de Ramatuelle. Les meubles semblent tout droit sortis du futur. Il s’agit d’objets classiques pour l’époque, très significatifs de la mode des années 70, mais revus selon un chef décorateur novateur, comme en témoignent par exemple les chaises Knoll recouvertes de piques de mousse noire. Cela montre ainsi que vous ne visionnerez pas un simple film agréable et prenant, mais que vous pénétrerez dans un univers hors du temps, comme suspendu au-dessus de toute chose atteignable.

On note le caractère ambigüe et inclassable du personnage de Marianne, l’actrice principale. Durant de cours instants, on se demande si le réalisateur a voulu montrer la force et le courage que pouvait avoir la femme, prenant l’ascendant sur l’homme. Puis à d’autres moments, sa docilité et son dévouement marquent une rupture nette, pratiquement décevante. Un film féministe ? Certainement pas.

En revanche, un film novateur, mettant en avant un corps féminin assumé, des maillots deux pièces laissant place à une nudité partielle, et des scènes de prémices sexuelles, simple mais efficace.

L’événement perturbateur, qui se voudrait être incarné par les personnages de Pénélope et Harry, respectivement interprétés par Jane Birkin et Maurice Ronet, n’apparaît en réalité que comme une simple secousse, dans ce paradis si sombre. Le ton est davantage donné par Romy Schneider elle-même, qui incarne presque à elle-seule toute l’âme du bassin. Alain Delon ne fait qu’obéir a ses ordres subliminaux, en tous cas il est possible de nous laisser l’imaginer. Pris en plein dilemme entre l’amour et la fierté, sous l’impulsion il fit un choix, qui en réalité lui rapporta fidélité et reconnaissance éternelles.

 

Axel Cheminal

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