La Princesse De Montpensier

La Princesse De Montpensier

L’histoire : les tribulations amoureuses de la Princesse de Montpensier (Mélanie Thierry), convoitée par le Duc de Guise (Gaspard Ulliel), le Duc d’Anjou (Raphaël Personnaz), son mari le Prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet) et son précepteur, le Comte de Chabannes (Lambert Wilson). Rien que ça !
Un film d’époque de plus de deux heures sur les histoires de cœur d’une princesse ? Pour un djeuns, dauphinois par-dessus le marché, l’idée n’était franchement pas alléchante. C’est donc naturellement à reculons (et en faisant un peu exprès d’arriver quinze minutes après le début de la séance) que l’on se dirige vers la salle obscure qui va nous faire revenir cinq siècles en arrière. Et là ? O surprise ! Ce qui devait être un somnifère pour rattraper quelques heures de sommeil de retard s’avère être un bon film.
Première raison : la réalisation. Tavernier a su faire ses preuves par le passé et n’était pas attendu au tournant, mais cela ne l’empêche pas de nous livrer un très bon produit. Habile aussi bien dans les quelques scènes de bataille que dans celles de dialogue, il arrive à nous intéresser au destin de cette jeune fille, sans jamais tomber dans la surenchère. Par ailleurs, costumes, décors, tout est très bien.
Deuxio : les acteurs. Sans atteindre des sommets, ils sont tous parfaits dans leur partition. Malgré le phrasé d’époque, ils sont tous convaincants et parviennent à capter l’attention du spectateur. Lambert Wilson surfe sur la vague du vieux sage après « Des hommes et des dieux », Gaspard Ulliel nous ressort le jeu du rebelle fougueux, Mélanie Thierry joue l’éternelle femme-enfant. Rien de très nouveau certes, mais c’est efficace ! On ne sera pas très original en disant que Raphaël Personnaz est l’une des révélations du film. Mais, n’ai-je pas oublié quelqu’un ? Oh mais si, ce cher Grégoire à la voix chevrotante ! Les cinéphiles dauphinois sont gentils, mais ils n’aiment pas qu’on les prenne pour des idiots. Et à un moment il faut savoir s’arrêter ! On pouvait excuser sa prestation dans « L’autre monde » en raison de la médiocrité générale du film, mais là Monsieur, on joue dans la cour des grands ! Et plisser les yeux pour signifier que l’on pleure ou pousser des petits cris aigus pour jouer la colère, cela passe peut-être dans des séries B, mais pas chez Bertrand Tavernier ! Allez, on est vraiment gentils, on te laisse une dernière chance. Mais alors vraiment une dernière !
Tertio : allez, pas de tertio, sinon personne n’arrivera au bout de cette critique. Plutôt une conclusion. La Princesse de Montpensier est un excellent film d’époque. Tavernier a fait du très bon boulot : la preuve, les 2h20 du film donnent plus l’impression d’être 1h40. Seul problème : cela reste un film d’époque. Et par conséquent, c’est toujours moins fun qu’un Social Network (que vous devez courir voir si ce n’est pas déjà fait !).

Arié

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