La vie d’Adèle chapitre 1 et 2, de Abdellatif Kechiche ✭✭✭✭✭

La vie d’Adèle chapitre 1 et 2, de Abdellatif Kechiche ✭✭✭✭✭

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    Les lumières se rallument, un silence puis des applaudissements qui se laissent entendre. Trois heures de cinéma viennent de défiler à toute vitesse et de nous emporter dans un tourbillon de vie. La Vie d’Adèle est un choc, un instant de cinéma qui ne laisse aucun spectateur indifférent.

« Car je suis une femme »

     C’est sur ces mots extraits de La Vie de Marianne de Marivaux que s’ouvre le film. Des mots loin d’être innocents puisque le film traite du passage de l’adolescence vers l’âge adulte de l’héroïne Adèle. On la retrouve au début du film en classe de première, courant pour ne pas rater son bus, maladroite, enfantine, un brin perdue. On retrouve chez elle ce sentiment de lassitude qui ne manque pas de nous rappeler les regards vides et la moue boudeuse de Sandrine Bonnaire dans « A nos amours » de Pialat. Comme elle, Adèle ne parvient pas à trouver de piment dans sa vie. Loin de fantasmer sur le beau mec de la classe, elle se sent en marge de ses amies.
Et puis un jour, un baiser échangé avec une fille vient la réveiller de sa torpeur. Adèle se cherche. Elle tente de fuir sa vérité dans les bras du premier garçon venu. Cette expérience ne fera que renforcer son mal être. Car c’est bel et bien sa rencontre avec Emma, une jeune fille aux cheveux bleus libérée et passionnée qui va faire s’abattre sur elle l’inévitable raz de marée.

Une femme avec une femme

     C’est un coup de foudre qui frappe Adèle dès le premier regard échangé avec Emma. Hantée par la figure de cette jeune fille aux cheveux bleus, Adèle force le destin et s’aventure un soir dans un bar lesbien où elle la retrouve. Premier échanges et premiers moments de complicité. L’attirance et l’alchimie sont évidentes.
Kechiche multiplie les plans rapprochés et capte des regards, des sourires, des bouches entre-ouvertes qui traduisent avec une justesse déconcertante le désir et la passion qui animent les deux amantes. Il dissèque leurs émotions et plus particulièrement celle de son héroïne dont le visage ne quittera jamais l’écran pendant toute la durée du film. Kechiche nous convie à une immersion dans la vie d’Adèle et dans le sentiment amoureux. Les scènes de sexe atteignent un niveau de fougue et d’intensité rarement vu au cinéma. Souvent critiquées pour leur caractère cru et choquant, elles ne servent au contraire qu’à illustrer davantage l’amour inconditionnel qui existe entre les deux filles.

Un hymne à la liberté

     Emma, personnage aérien, qui « affirme ses propres valeurs » va permettre à Adèle de s’émanciper de l’influence de son milieu pour la mener vers l’expression la plus pure d’elle-même. C’est à travers leur relation qu’Adèle éclot enfin pour devenir femme. Car La vie d’Adèle c’est avant tout l’histoire de la quête de soi-même pour atteindre le bonheur. C’est en cela que le film revêt sa portée universelle et parvient à s’ériger au rang des classiques du cinéma.

Une fascinante histoire d’amour qui a déjà marqué l’histoire du cinéma.

C.D

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