Le Havre

Le Havre

de Kaurismaki

C’est avec plaisir que l’on retrouve un Kaurismaki en grande forme ! Pour les non-connaisseurs, Kaurismaki nous vient tout droit de la Finlande. Reconnaissable à la photo de ses films, un style sobre, minimaliste dans le jeu, Kaurismaki a le don de faire briller la solidarité entre les personnages de ses films. Le Havre n’échappe pas à la règle, pour le mieux. Un vrai diamant, petit bijou de la Croisette au sein des films sur la fin du monde, le clash des générations, le poids des traditions. Un petit film en apparence sans ambition et pourtant grandiose. Bref, un vrai régal.

Dans la ville du Havre, Marcel, un cireur de chaussures sans histoires, vit son quotidien entre son métier et sa femme. La vie monotone du couple se retrouve chamboulée lorsque madame est atteinte d’une maladie incurable, lui imposant un alitement à durée indéterminée. Seul, il prend sous son aile un jeune Africain en situation illégale, et mobilise les gens de son quartier pour aider le garçon à gagner l’Angleterre. Sauf que la police est à sa recherche.

Ce film m’a beaucoup fait penser à Welcome de Philippe Lioret, sauf que Lindon n’a plus de femme puisqu’elle est partie. Triste. Et le film prend une tournure plus documentaire sur la situation des sans-papiers à Sangatte. Génial.

Rien de cela ici ! Soyons clairs : le film est irréaliste. Et illumine dans sa sobriété. La mise en scène quasi théâtrale, le jeu statique, des décors dénués d’artifices nous éloigne du carcan des films sur l’immigration pour nous enfermer dans un microcosme hors du temps, remplis de gens simples, mettant en œuvre des moyens simples pour venir en aide au garçon. Le Havre semble projeté hors de l’époque dans laquelle l’intrigue se déroule. Les dialogues sont simples, polis, même envers la police si ce n’est pour dire, les gens se respectent. Il est impossible de passer à côté de la dimension sociale du film, mais celui-ci ne fait pas de ses personnages les porte-parole de l’injustice subit par les immigrants illégaux. Bien au contraire, avant l’arrivée du jeune garçon, les personnages se font plus de soucis pour leur biens et leurs affaires quotidiennes. En somme, Le Havre illustre que dans un monde d’indifférence, il suffit de peu pour regarder vers les autres et tendre la main.

A voir !!!!!! Et je recommande du même réalisateur l’Homme Sans Passé, autre fable sur la solidarité.

Clothilde Breillout
Sortie en salle le 21 Décembre

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