Le Top 10 de l’année 2014

Le Top 10 de l’année 2014

L’année écoulée n’a pas été avare en pépite cinématographique et l’ACD te propose un top 10 du cru 2014, histoire de faire un petit récap’ de ce que tu n’aurais pas du rater, ou tout simplement élire notre palme d’or.

10. Maps to the stars

Encore une année où Cronenberg loupe la Palme d’Or malgré son génie évident en terme de profusion créatrice. Il perpétue avec Maps to the Stars la nouvelle orientation de son cinéma, plus provocatrice envers le système, qu’il soit Hollywoodien ou financier dans Cosmopolis. Les personnages de riches tarés en sont maintenant un élément phare. Pour autant, l’essence de son art reste là. La brutalité et la rage viennent enflammer des corps et des esprits en décadence dans une atmosphère sordide et oppressante. Cette flamme rageuse et démentielle est parfaitement incarnée par Julianne Moore, qui livre l’une des meilleurs performances d’actrice de l’année. L’humour noire est plus que jamais présente dans son cinéma, portée par des dialogues puissants et sans aucune retenue.

9. 12 Years a slave

Oscar du meilleur film 2014 et peut-être meilleur film de l’année tout court. Film sublime à la cruauté sans nom, chef d’oeuvre de cinéma tire-larmes porté par de grandes performances d’acteur (dont un Michael Fassbender fou furieux), 12 Years A Slaves est tout ça à la fois et fera ressortir votre fragile refoulé

8. Gone Girl

Le dernier film de David Fincher n’a pas volé sa place dans ce top. Le réalisateur du mythique Seven signe avec ce long-métrage son plus gros succès au box-office américain. Bien aidé par Ben Affleck et l’excellente Rosamund Pike, il nous offre un nouveau bijou de suspens, visuellement impeccable (il est décidément l’un des seuls à réussir à mettre le numérique au service de sa mise en scène) et porté par un scénario digne de ses plus grands thrillers.

Saint-Laurent, à la différence de Yves Saint-Laurent sortie plus tôt en 2014, n’est pas un biopic au sens linéaire et traditionnelle du terme. Il s’agit plutôt de la vision habitée d’un artiste sur un autre artiste. Bonello a en effet sélectionné des moments symboliques de la vie de Saint-Laurent et dresse un portrait mélancolique et parfois psychédélique de cet homme dont la vie aura été peu à peu la dépossession, voire la dilution, de sa propre personne par la créature qu’il a créé et qui porte son nom : YSL. Mais le talent et le charisme du couturier, simplement suggérés dans le sourire finale de Gaspard Ulliel, sont l’âme de ce grand film et de tout ce qu’à créé ce grand artiste.

6. Interstellar

Dans ce nouveau film, Christopher Nolan fait preuve d’une créativité sans précédents, il essaye d’interpréter une théorie qui n’a pas encore été comprise par les scientifiques, la théorie des cordes. Son imagination l’amène à créer Interstellar, un chef d’oeuvre visuel et sensoriel, qui mêle sentiments humains et explications physiques de l’espace.

En retraçant l’histoire de Ron Woodroof, un cowboy homophobe qui apprend qu’il est séropositif et qu’il ne lui reste que 30 jours à vivre, le réalisateur, Jean-Marc Vallée, aurait pu jouer la carte de la facilité et adopter un ton solennel et tragique. Au contraire, il arrive à concilier humour et drame, accompagnés d’une critique de l’impuissance du corps médical et des labos pharmaceutiques. La maladie est abordée de façon décomplexée et l’on ne s’apitoie pas sur le sort des personnages acharnés et décharnés, incarnés avec brio par Matthew McConaughey et Jared Leto, oscarisés. Cependant, c’est peut-être seulement leur performance remarquable qui nous enthousiasme car le film est, somme toute, assez classique. Il semblerait que le réalisateur ait tout misé sur ses acteurs mais cela suffit à nous convaincre.

Film-Toronto Preview
 4. Her
Dans un futur proche et ultra-connecté, Joaquin Phoenix tombe amoureux d’un système d’exploitation parlant, doté d’une intelligence artificielle très élaborée (la voix de Scarlett Johansson). Cette relation devient à la fois fascinante et terrifiante lorsque le logiciel, s’adaptant et évoluant, apporte au personnage un amour absolu, qui le coupe peu à peu d’un contact avec autrui. Joaquin Phoenix armé de son charisme légendaire, d’une improbable moustache et de fringues pastels est génial dans cette fable futuriste qui interroge au plus profond notre relation et notre dépendance au monde virtuel.
her
Wes Anderson est sans aucun doute l’un des cinéastes au style le plus reconnaissable. Son univers et ses techniques de mise en scène sont tellement identifiables que dès le générique dé début, on sait que l’on regarde un de ses films. On avait peur que toute cette originalité finisse par servir de cache-misère à un manque de renouvellement, surtout quand le réalisateur en est déjà à son 8ème long-métrage. Si certains criaient au fan service et au manque d’idées neuves, The Grand Budapest Hotel est pourtant loin d’être une pale copie de ses prédécesseurs. Avec un traitement toujours plus signé, une esthétique toujours plus enfantine, Wes Anderson procède pourtant à une réelle maturation de son cinéma qui passe, lentement mais sûrement, dans l’âge adulte, prend de nouvelles proportions. Reste à voir combien de temps celui ci parviendra-t-il à ne pas s’enfermer dans son style si particulier. 
gbh
Pour son troisième long-métrage, Jonathan Glazer, qui a fait ses armes dans la publicité, affirme une esthétique mystique impressionnante. Il filme Scarlett Johansson en extra-terrestre dont la mission sur Terre, incompréhensible pour l’entendement humain, est d’attirer des prolétaires dans son van dans les banlieues glauques d’Ecosse, et de les faire disparaître. Mais confrontée aux sentiments et désirs humains qu’elle ne peut appréhender, l’alien se perd peu à peu dans le monde des hommes : Glazer évoque les barrières entre ces deux mondes mentaux étanches avec une introduction magistrale où le néant prend la forme d’un œil, seule lien entre les deux mondes. Under the skin est un grand film visuel dont la finesse de la construction artistique est la hauteur de l’ambition philosophique du propos.
under the skin
Si l’on devait résumer cette année de cinéma, la première chose nous venant à l’esprit serait vraisemblablement la consécration de Xavier Dolan. Avec deux films dans les salles et un immense succès public et critique, le nom du canadien était cette année sur toutes les lèvres. Et même si beaucoup furent agacés par sa sur-présence médiatique, son caractère snob ou son côté un peu tire-larme, peu sont ceux qui n’ont pas été sensibles à Mommy. Ce Mommy nous a éblouis, nous a émus. Il représente un peu l’aboutissement du style Dolan, l’équilibre parfait du style et du récit. C’est aussi une révélation incroyable, Antoine Olivier Pilon, ado hyperactif saisissant. C’est sans surprise que le film se place à la première place de notre classement et on espère que Xavier Dolan saura apprendre de ses erreurs pour aller encore plus haut.
mommy

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