Le top de l’année 2015

Le top de l’année 2015

2015 n’aura pas été une année particulièrement faste en terme de production cinématographique, en témoigne la sélection officielle constrastée du festival de Cannes. Désertant le terrain cinéphile classique, la qualité semble s’être nichée là où on l’attend parfois le moins : dans les superproductions et les films plus confidentiels. Saluons donc 5 films qui nous ont réjouit, voire enthousiasmé l’année passée.

 

5. Star Wars VII : Le réveil de la force
Sorti fin 2015 et sans aucun doute le carton de l’année 2016, le nouvel épisode de Star Wars aura réussi l’exploit de faire consensus. On y retrouve l’univers magique et attachant de Star Wars, et la magie – nostalgique ? – opère efficacement. Les quelques idées esthétiques et scénaristiques nouvelles sont de bonnes augures pour la suite de la trilogie, et on attend déjà impatiemment l’épisode VIII, prévu pour mai 2017.

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4. Cemetery of Splendour

Apichatpong Weerasethakul continue son exploration fascinante des mythes intérieurs thaïlandais dans une démarche cinématographique qui s’apparente de plus en plus à celle d’un chaman. Son film, composé presque exclusivement de plans fixes, n’agit pas sur le spectateur comme une oeuvre habituelle : il s’infuse en nous, dissémine une puissance inconnue et nous plonge dans un état proche de l’hypnose. Pour arriver à cet expérience de cinéma-médicinal, Apichatpong Weerasethakul fait preuve d’une inventivité épurée (jeux psychédéliques sur les lumières, reconstitution mentale d’un monde disparu) et adopte un rythme lent, proche de celui de la respiration. Les divinités et les fantômes dont il est question tout au long du film semblent si proches de nous face à cette succession de tableaux à l’harmonie troublante que lorsque l’on se réveille de Cemetery of Splendour, c’est comme si l’on sortait d’une longue torpeur réparatrice.

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3. Mia Madre

Dans son 13ème long-métrage, Nanni Moretti met en scène une réalisatrice en plein doute, à la fois dans la création de son prochain film social, mais aussi sur le plan personnel face à la maladie de sa mère et la crise d’adolescence de sa fille. Gros oublié du dernier palmarès cannois, le film était pourtant l’un des tous meilleurs de la sélection officielle. Le cinéaste y brasse des sujets divers, comme celui de la création artistique face aux problèmes personnels, où la transmission mère-fille sur les trois générations présentées. Le personnage de John Turturro permet d’introduire une dimension comique non négligeable, dans son rôle d’acteur Américain maladroit, incapable de retenir deux phrases en italien. Cela accorde une certaine légèreté au film, et désamorce le côté dramatique parfois pesant. Mia Madre est un film très personnel, qui cherche l’émotion avant tout. Dans un ton très juste, jamais trop forcé ou pathos, c’est une oeuvre à la fois très grande et très petite, qui prend racine dans le personnel pour toucher l’universel.

Shots from "Mia Madre"

2. Birdman

Grand vainqueur de la cérémonie des oscars de 2015, Birdman nous ramène vers les origines de la narration fantastique, dans ambiguïté entre folie et surnaturel. Alejandro Gonzalez Iñarritu joue sur la frontière entre réel et fiction en ressuscitant Michael Keaton dans le rôle sur-mesure d’un acteur ex-superhéros voulant faire son retour dans le monde du Spectacle. Cette mise en abîme menée par un plan-séquence impressionnant, accompagnée d’une B.O prenante, nous immerge pleinement dans les coulisses de Broadway, ses vices, et les craintes les plus intimes des personnages, en abordant les thèmes de la peur de l’âge, l’échec, la différence entre talent et popularité, et surtout l’oubli. Le tout est conduit par un casting de pointe avec une Emma Stone touchante et un Edward Norton toujours aussi juste.

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1. Mad Max

Le retour d’une trilogie archi-populaire, un casting cinq étoiles, une violence débridée et une esthétique léchée ; le réalisateur australien George Miller nous a gâté l’année dernière avec un nouvel épisode de sa franchise culte : Mad Max. Les plus anciens y retrouveront l’ambiance des opus précédents et les jeunes découvriront ici un univers fantasmagorique et halluciné. Le film est porté par Furiosa, un personnage féminin fort et déterminé, brillamment interprété par Charlize Theron, et Max (Tom Hardy), taciturne et plus ambivalent. Miser sur une franchise forte (et parfois à la traîne) est assurément une stratégie peu risquée pour l’industrie du cinéma, comme l’attestent par exemple les reboots de Spiderman ou le nouveau Star Wars, mais Fury Road est également et surtout une réussite cinématographique. Cette course poursuite de 2h30 au son hard-rock des guitares cracheuses de flammes nous a convaincu et on espère qu’on vous a convaincu de le (re)voir.

fury road

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