Le TOP/FLOP du mois d’Octobre 2016

Le TOP/FLOP du mois d’Octobre 2016

Le mois d’octobre a encore été un mois riche en films, entre les blockbusters attendus et l’arrivée des films primés à Cannes. Retour sur le meilleur et le pire de ce mois-ci.

 FLOP : Bridget Jones’ baby, de Sharon Maguire

Aussi attendu qu’un bébé par un couple stérile et presque aussi promu que l’iPhone 7, Bridget Jones revenait cet automne pour le troisième opus de la saga.
Bridget Jones c’est le film qu’on a tous un peu honte d’aimer, qu’on regarde secrètement à Noël quand on est seul et triste. Ou alors c’est le film qu’on déteste franchement parce que c’est vrai dans le style comédie romantique niaise, il se pose là.

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Moi personnellement, Bridget Jones c’est ma petite madeleine que je regarde chaque année presque religieusement (oui vous pouvez me juger). Bridget Jones c’est les yeux bleus de Hugh Grant, le flegme charmant de Colin Firth et surtout, c’est Renée Zellweger et son faux accent anglais bancal, ses kilos en trop et ses vices. Si c’est pour ces raisons que vous aimez le film alors passez votre chemin, car vous ne retrouverez rien de tout ça dans le dernier opus. Et c’est la principale raison du raté que constitue ce film.

Le charme du premier film est oublié, et on passe complètement à côté du fun du deuxième (qui était il faut l’avouer déjà pas terrible). Le film commence mal déjà avec une scène qui reprend le début du premier où Bridget, toujours vieille fille seule dans son 25 mètres carrés, boit et écoute de la musique déprimante. Sauf que l’ « hommage » ne marche pas et la scène fait un flop. Au lieu de l’anthologique « All by myself », déprimant à souhait, on nous met de la grosse musique bien commerciale pour montrer que le film a su évoluer et passer du Carly Rae Japsen pour être en phase avec son temps. Bon soit, mais de une ces musiques sont à chier et ensuite elles n’ont strictement rien à faire dans le film.

Autre problème : Hugh Grant est aux abonnés absents. Qui n’a jamais rêvé de se faire embrasser par Hugh Grant après avoir plongé son regard dans ses yeux bleus de chiens battus ? (oui, même toi hétéro convaincu je suis sûre que tu as déjà tressailli de manière très virile devant son air aguicheur). Officiellement, Hugh Grant a refusé de faire partie du projet faute de qualité du scénario, officieusement, on se demande s’il se trouvait trop vieux et plus assez fringuant pour jouer le séducteur. En tout cas son absence était déjà de mauvaise augure pour le film. Alors oui, ils ont essayé de faire passer la pilule tant bien que mal en nous collant docteur Mamour de Grey’s Anatomy, mais son sourire américain et son brushing impeccable ont beaucoup moins de charme et de naturel que le flegme britannique de Grant.
On tente donc d’expliquer son absence par un accident d’avion (mkay …) ce qui donne lieu à une scène d’ouverture assez drôle, mais franchement pas fine, dans laquelle les seules personnes présentes aux funérailles sont de (très) jeunes femmes à la plastique parfaite. Comme ça, ça nous rappelle une dernière fois quel grand séducteur Daniel Cleaver était et à quel point il avait du mal à tisser des liens profonds avec les gens; pas très fin pour un enterrement.

On retrouve donc Bridget qui écrit son journal en se morfondant sur son poids, comptant les doses d’alcool, les cigarettes et …. Ah bah non pas du tout, en fait on retrouve Bridget tellement lifté qu’elle a les tympans au niveau des genoux, toute mince, et tout ça en ayant arrêté de fumer et de boire. Donc Bridget Jones n’est plus une pochtronne pitoyable et en léger surpoids, Bridget Jones est désormais une belle quadra à la taille fine et à l’hygiène de vie impeccable. Autant dire que Bridget Jones n’est plus. Et c’est là le problème majeur du film, la raison pour laquelle un troisième Bridget Jones était plus que superflu : on aimait la Bridget d’avant parce qu’elle représentait la femme moyenne qui se trouve nulle en tout et n’a aucune confiance en elle, qui se déteste en se réveillant les lendemains de soirée en regrettant le(s) dernier(s) shot(s) et les trop nombreuses cigarettes fumées, qui cherche toujours comment camoufler (à défaut d’éliminer) les kilos récalcitrants. La Bridget du troisième film est à l’image de docteur Mamour : d’une perfection hollywoodienne irréelle.

Donc on suit les épopées de Bridget, devenue une vraie petite dévergondée, qui couche avec deux hommes (dont un dont elle ne connait même pas le nom) et tombe enceinte sans savoir qui est le père. Les blagues sont téléphonées, les chutes peu originales et au final le film n’est même pas drôle. La seule scène où j’ai franchement rigolé est celle où ils arrivent à l’hôpital pour la faire accoucher et les deux pères la transportent comme un cochon de lait.

On ne passe pas un mauvais moment, ce serait abusé de dire ça, mais le film n’a même pas l’audace de faire une fin digne de ce nom. On sait dès le début, avant même de voir la bande-annonce et en lisant le synopsis comment le film va se finir et qui est le père du bébé. Si vous tenez à garder le suspens (sérieux ? Vous êtes assez naïf pour ne pas avoir deviné qui est le père ?), je vous conseille de vous arrêtez là.
Donc oui c’est bien Marc Darcy le père de l’enfant,est-ce que quelqu’un en doutait ? Entre le beau gosse qui vient d’atterrir dans l’histoire pour y apporter un peu d’intérêt et l’anglais classe qui fait battre le coeur de Bridget depuis trois films; le doute n’a jamais vraiment plané. Dr Mamour est cela dit suffisamment gentil (con), ou bonne poire pour jouer au baby-sitter avec un enfant qui n’est pas le sien, ce qui le rend encore plus ridicule.
Voilà qui est dommage, si Bridget a tant changé que ça et est une personne complètement différente (pourquoi pas après tout, les gens évoluent et pour elle ce serait plutôt une bonne nouvelle), alors les scénaristes auraient pu faire évoluer ses goûts et ses envies. Ca aurait été couillu de la faire terminer avec Mamour, qui sur le papier est, il faut l’avouer, l’homme idéal. Et au moins ça aurait apporter quelque chose au film, car là on a l’impression que le deuxième et troisième films n’ont vraiment servi à rien, sinon à apporter de l’argent aux producteurs…

Ah et j’ai failli oublier la petite « surprise » de la fin où on essaie de semer le doute sur la mort de Daniel Cleaver. On voit la une d’un journal où est écrit qu’on a retrouvé l’avion dans lequel Daniel était supposé s’être écrasé. Bon, pourquoi pas, on voit pas trop l’intérêt sauf s’ils souhaitent faire un quatrième film.

Dans l’ensemble, le film n’est ni bon, ni franchement mauvais. Il reste agréable à regarder, surtout si on aime (a aimé) Bridget Jones; bien que les vrais fans qui attendaient le film seront sûrement déçus comme je l’ai été. C’est pour cette déception qu’on a décidé de mettre Bridget Jones’ Baby dans le flop du mois.

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TOP : Captain Fantastic, de Matt Ross

Pour parler du top du mois, on aborde carrément un autre sujet tout à fait à l’opposé de Bridget Jones. Pour nous, ce mois-ci le top et le coup de coeur a été Captain Fantastic, récompensé par le prix de la mise en scène dans la catégorie « Un certain regard »

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Le film raconte l’histoire d’une famille américaine qui vit complètement hors du système capitaliste et consumériste. Après la mort de la mère, la famille va devoir affronter le « vrai » monde, et ce sera aussi compliqué pour le père (Viggo Mortensen) qui l’a connu et l’a quitté, que pour les enfants qui le découvrent.


Captain Fantastic fait penser à d’autres films à de multiples égards. Il nous rappelle Into the wild pour son côté aventure/road trip et la volonté anti-capitaliste et anti-système des protagonistes. L’aspect initiatique familial nous fait penser à Little miss Sunshine. On peut même penser parfois à La famille Miller avec le fils qui découvre la vie (et sa sexualité) et le road-trip familial.

Mais peu importe les références, le film fait fi de ça (volontairement ou non) et aborde des sujets assez peu vus au cinéma.

La famille Cash (oui la famille qu’on suit, qui est anti-capitaliste, vit dans les bois et se nourrit grâce à la chasse se prénomme Cash, assez ironique) est donc une famille américaine on ne peut plus atypique. Les parents (Ben et Leslie) ont décidé à la naissance de leurs enfants d’aller vivre dans une cabane dans les bois et de se nourrir de la chasse, se vêtir de peau de bête et d’éduquer les enfants avec les moyens du bord. Les cinq enfants sont donc nés dans cet environnement naturel, dans lequel ils n’ont jamais connu le contact avec les autres et la vie normale. Environnement dans lequel on célèbre le Noam Chomsky Day au lieu de fêter Noël, car Ben préfère célébrer ce philosophe anarchiste américain qu’une fête « commerciale ».

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C’est la mort de leur mère qui les sort de cette autarcie lorsque le père décide d’aller à l’enterrement malgré les menaces de son beau-père, Franck. Les enfants vont donc découvrir le monde « réel », apprendre à vivre avec d’autres que leur famille et vont être confrontés aux règles et aux normes des Etats-Unis capitalistes. Alors que certains enfants ont du mal à composer avec une culture qui leur est complètement étrangère, d’autres au contraire prennent goût à ce monde nouveau pour eux. L’ainé, Bodevan, découvre sa sexualité avec une jeune fille tandis que le plus jeune, Rellian, en pleine crise d’adolescence, va totalement désavouer son père et choisir de vivre une vie « normale ».

Le film est intéressant dans le sens où on a une alternance des points de vue qui fait varier la vision qu’on a des personnages et de l’histoire. Au début du film, on adopte clairement le point de vue du père et on trouve ça original et même génial de voir cette famille sauvage qui vit en marge de la société. On admet que les enfants sont très intelligents, malgré le fait qu’ils n’aillent pas à l’école, et on respecte les choix de Ben, souvent durs et parfois même cruels. Les grands-parents apparaissent comme les capitalistes qui méprisent un style de vie différent du leur, plus tourné vers la simplicité que l’opulence, tandis que le père apparait comme un idéaliste un peu hippie. On en vient même à détester Franck (le grand-père) qui semble ignorer les velléités de sa fille de mener une vie atypique, et son conservatisme nous consterne. Mais au fur et à mesure, le point de vue change un peu. En se mettant à la place de Franck dont la fille n’a apparemment jamais aimé cette vie de bohème et qui a finit par se suicider suite à une dépression; on comprend le mépris qu’inspire Ben à son beau-père. Le comportement du père atteint un extrême lorsqu’il met en danger la vie de sa fille. On apprend même que Bodevan avait décidé avec sa mère d’aller à l’université et qu’il avait postulé à l’insu de son père à toutes les plus grandes universités américaines de l’Ivy League.

Bien qu’un peu manichéen par moment (les deux neveux consuméristes  sont malpolis, obnubilés par leurs jeux vidéos et un peu débiles, tandis que les enfants « sauvages » sont intelligents, sensibles et cultivés), le film nous touche et fait appel au côté « écolo-bobo » qui sommeille en nous et n’attend que d’être réveillé par de beaux discours utopistes.

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Mathilde Labouyrie

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