L’été ciné 2018 – Film #2 : Porco Rosso (1992)

L’été ciné 2018 – Film #2 : Porco Rosso (1992)

Hayao Miyazaki n’en est pas à son coup d’essai quand il écrit et réalise Porco Rosso. Encore que, avec un premier film comme Le château dans le ciel, on lui aurait pardonné son manque d’expérience. Quoi qu’il en soit, ce film d’animation de 1h30 marque un tournant dans l’histoire des Studio Ghibli, étant le dernier Miyazaki entièrement dessiné à la main sans aide numérique.

Après Mon voisin Totoro et Nausicaä de la vallée du vent, c’est en 1992 que Porco Rosso est présenté au grand public par le réalisateur de Princesse Mononoké. Son synopsis est simple : « dans l’entre-deux-guerres quelque part en Italie, le pilote Marco, aventurier solitaire, vit dans le repaire qu’il a établi sur une île déserte de l’Adriatique. A bord de son splendide hydravion rouge, il vient en aide aux personnes en difficulté ».

En effet, Marco est changé en cochon après la première guerre mondiale, symbole de la déshumanisation causée par les combats. Il n’accepte pas les normes sociales et refuse toute implication politique dans une Italie en pleine montée du fascisme. Chasseur de prime renommé, ses rivaux sont nombreux, dont l’Américain Curtis, qui cherche la gloire et la main d’une vieille amie de Marco, Gina.

Dans cette histoire, Marco détonne par son caractère calme et unique, entouré de pirates de l’air « aussi grippe-sou qu’ils puent du bec », des méchants qui n’en sont pas vraiment par leur côté folklorique très typique chez Miyazaki. L’amour est lui aussi présent, et apporte une touche de mélancolie à ce long-métrage. 

Ce chef-d’œuvre des Studio Ghibli a connu un succès remarquable, remportant notamment en 1993 le prix du meilleur long métrage au festival international du film d’animation d’Annecy. Et on comprend pourquoi. Entre Jean Reno qui prête sa voix au personnage principal dans la version française et une musique « hollywoodienne » de Joe Hisaishi, compositeur habituel et fétiche de Miyazaki, Porco Rosso nous emporte encore une fois dans l’univers (assez réaliste pour le coup) d’un réalisateur d’exception.

Il nous présente un monde d’une grande beauté et totalement à part, même si on n’y retrouve pas le côté magique et mythologique qui fait la grandeur des classiques de Miyazaki comme Chihiro. Pour autant, ce film est puissant. Certaines scènes comme celle du paradis des aviateurs sont d’une réelle intensité émotionnelle. Porco Rosso nous transmet des messages d’amour, de paix et de féminisme à travers une poésie toujours aussi présente et un humour fin au charme unique. 

Un des meilleurs Miyazaki, incomparable et tout en splendeur.

 

Liora Taieb

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1 Comment

  • GordonZola 10 juillet 2018 at 22 h 10 min

    Superbe article sur probablement l’un des meilleurs films de Miyazaki avec Mononoke!

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