L’ÉTÉ CINÉ – Film #4 : Vacances Romaines (1953)

L’ÉTÉ CINÉ – Film #4 : Vacances Romaines (1953)

« Pour la douceur de vivre, et pour le fun
Puisqu’on est jeunes, week-end rital
Retrouver le sourire, j’préfère te dire
J’ai failli perdre mon sang froid » (Week-end à Rome, Etienne Daho, 1984)

Un vieux film sur les jeunes ou plus largement sur la jeunesse. Voilà comment vous pourriez définir le plus largement possible le thème de Vacances Romaines (1953) de William Wyler (Ben Hur, 1959). Si vous aussi vous êtes un fan inconditionnel de comédie romantique (fanatisme assumé ou non d’ailleurs), alors ce film vous emmènera au septième ciel. Une princesse, une rebelle, un reporter insolent au look « fifties » bien comme il faut. La recette parfaite pour une soirée-film romantique avec ta belle/ton beau/ta tisane tilleul-citron de Marque Repère (si vous ne connaissez pas cette marque c’est que vous êtes riches ou à la retraite).

Ce film retrace l’histoire de la princesse Ann (Audrey Hepburn), en voyage officiel à Rome qui est prise d’une envie soudaine de liberté et renonce, le temps d’une journée, à sa vie aristocratique et fait la rencontre du reporter Joe Bradley (Gregory Peck). Les deux partent pour une trépidante escapade dans la capitale romaine de 1953.

Techniquement, ce film n’a rien d’extraordinaire. Le seul point intéressant et original de ce film est qu’il a été entièrement tourné à Rome et non dans de sombres studios hollywoodiens. Pour être honnête avec vous, je vais rapidement passer à autre chose car la beauté du film ne réside pas vraiment là-dedans. En effet, il faut être honnête, rares sont les romances bien écrites. Pourtant Vacances Romaines réussit, malgré ses 64 ans, à ne pas devenir obsolète et cela grâce au scénariste de génie Dalton Trumbo (scénariste hollywoodien oscarisé pour ce film et dont le biopic du même nom est sorti en 2015).

Le début du film est assez difficile. En effet, le jeu des acteurs de l’époque est totalement différent de ceux de nos contemporains. Ne vous méprenez pas, ces acteurs, parmi lesquels la fabuleuse Audrey Hepburn nous offrent une excellente prestation.
Pour nous autres, habitué au son Dolby Digital et aux grands écrans haute-définition, il nous faut un léger temps d’adaptation et ne pas s’attendre à la qualité visuelle du dernier Nolan).

Par ailleurs, il me semble qu’il est grand temps de vous expliquer les raisons de la présence de ce film dans notre « Été Ciné ». Eh bien c’est très simple, ce film regorge de bonne humeur. L’été est cette période où nous quittons toutes nos obligations quotidiennes afin de simplement profiter du moment présent. L’été c’est cette période où l’on part avec sa moitié ou ses amis dans des lieux ensoleillés et où l’on savoure un jus d’orange fraîchement pressé sur la terrasse d’un café à 11 heures en envoyant paître ce bon vieux Saint-Augustin qui nous rabâche que ce moment est déjà loin de nous.

Débarrassez-vous de ce rabat-joie si ce n’est pas déjà fait. A vrai dire, c’est ce qu’a fait la princesse Ann (Audrey Hepburn) lors de sa rencontre avec Joe Bradley (Gregory Peck) à rome. Elle a choisi de s’évader de sa prison dorée et de ne plus entendre cet atroce mot : « emploi du temps ».

De ce fait, les protagonistes de ce film n’ont aucune perspective de long terme. Joe Bradley, lui est déjà un habitué de cette vie au rythme de « carpe diem » par les jeux et autres loisirs. La princesse, quant à elle, le découvre à la fois à travers ses pulsions de révolte digne de tout jeune en quête d’un peu de liberté. A la fois instruite de par son éducation, cette princesse se montre pourtant d’une naïveté touchante lors de sa découverte du monde ordinaire bien éloigné du sien.

Ce très attachant personnage est d’ailleurs paradoxal. En effet, en raison de sa situation, la princesse Ann est très instruite et cela se remarque aussi à sa force et son affirmation face à n’importe qui osant l’importuner. Mais loin d’être crédule, elle offre cependant un regard naïf de notre monde « si ordinaire ». C’est là que réside tout le charme de ce film : la vision du monde qui y est véhiculée. Il s’agit d’un monde où les rencontres sont parfois trompeuses mais tout de même fascinantes. Cela rappelle que, contrairement à cette princesse, nous sommes libres non seulement de nos choix, mais aussi de nos mots. Nous pouvons décider de rester discuter avec quelqu’un ou bien s’en aller si on ne l’aime pas, on peut critiquer, approuver, penser par nous-même tout simplement.

Ainsi, ce film regroupe à la fois de splendides acteurs, de merveilleux plans à travers la ville de Rome des années 1950, un scénario unique (ce qui est rare dans les comédies romantiques) et de fabuleux Vespa et Fiat vintage comme vous n’en avez jamais vu.

Vous l’avez compris, dans ce film, on est loin des clichés, on se fiche pas mal des « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », ce qui nous intéresse, ce que souhaite nous dire ce film c’est « qu’ils s’amusèrent et eurent beaucoup d’orgasmes1 ».

La bise acdienne

Thomas SERROU-SOARES

1 Du moins c’est ainsi que nous l’interpréterions de nos jours.

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