L’Homme Qui Voulait Vivre Sa Vie

L’Homme Qui Voulait Vivre Sa Vie

Vous avez vu le clip de 35 minutes de Kanye West ? Si c’est le cas, je peux vous dire que j’adore ce mec et que j’attends avec impatience de le revoir sur scène. Sinon, tant mieux, car ce n’est pas du tout l’objet de cette critique. Car ici, nous allons vous parler, certes un peu sous les effets de l’alcool, de la dernière production EuropaCorp, L’homme qui voulait vivre sa vie.
Le film raconte comment Paul Exben, un trentenaire menant une vie « parfaite » (sur le point de prendre la direction d’un prestigieux cabinet d’avocats, marié deux enfants, vivant dans une grande maison de banlieue) mais ayant toujours rêvé de vivre de sa passion, la photo (cela aurait pu faire une bonne chanson pour Starmania), voit sa vie basculer le jour où il apprend que sa femme souhaite le divorce et qu’il tue par accident l’amant de cette dernière. Il prend alors l’identité du défunt, lui-même photographe, et décide de vivre sa vie, celle d’un homme affranchi des attentes des autres et libre de se réaliser à travers sa passion.
C’est bien joli tout ça, mais qu’est-ce que ça vaut ? Eh bien figurez-vous que c’est plutôt bon ! Ceux qui méprisent à tort la société de Luc Besson en l’associant uniquement à des grosses productions à l’américaine auront la preuve de la diversité et de la qualité de ses productions. Romain Duris prouve une fois de plus que, malgré sa personnalité un peu énervante, est l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Les seconds rôles, tout en restant dans leur registre (Marina Foïs en épouse froide et quelque peu antipathique, Niels Arestrup en vieux bourru), sont très efficaces. Eric Lartigau, plutôt habitué aux comédies comme « Prête-moi ta main » ou « Qui a tué Pamela Rose ? », s’avère très habile dans un registre plus sérieux, en nous offrant de jolis plans sans jamais en faire trop. Et enfin, l’histoire, adaptée du livre de Douglas Kennedy, est prenante. Car au fond, qui n’a jamais rêvé de vivre sa vie comme Paul Exben ? De tout claquer et de reprendre à zéro pour devenir quelqu’un d’autre, de se donner une nouvelle chance ? Mais à l’époque de Facebook et de la mondialisation, est-ce vraiment encore possible, comme le suggère le film en filigrane ?
« L’homme qui voulait vivre sa vie » vaut donc le détour. Tout en restant très français, il présente toutes les qualités d’un bon film américain. Espérons qu’il saura être un bol d’air pour EuropaCorp en cette année un peu morose pour cette société phare du cinéma en France.

About the Author

Leave a Reply

Optionally add an image (JPEG only)