« Le monde est à toi » de Romain Gavras : vent de fraîcheur sur le cinéma français ?

« Le monde est à toi » de Romain Gavras : vent de fraîcheur sur le cinéma français ?

Le second long métrage du fameux fils-de, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, a fait son petit événement sur la croisette. Avec son casting de star et sa bande annonce efficace au son de PNL, Romain Gavras semblait vouloir rajeunir le cinéma français.

Synopsis :  François, petit dealer, a un rêve : devenir le distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Cette vie, qu’il convoite tant, vole en éclats quand il apprend que Danny, sa mère, a dépensé toutes ses économies. Poutine, le caïd lunatique de la cité, propose à François un plan en Espagne pour se refaire. Mais quand tout son entourage, Lamya son amour de jeunesse, Henri un ancien beau-père à la ramasse tout juste sorti de prison, les deux jeunes Mohamed complotistes et sa mère chef d’un gang de femmes pickpockets, s’en mêle, rien ne va se passer comme prévu !

On se laisse d’abord emporter par un divertissement agréable et accrocheur, qui porte au grand écran une esthétique YouTube ayant fait ses preuves sur le grand public (Konbini adore). L’image est léchée et la bande sonore noyée de musiques additionnelles : chanson française et rap, comme si le film voulait lier les générations, réconciliant le cinéma français traditionnel et la jeunesse. On voit ainsi par exemple Vincent Cassel bingewatcher des vidéos révélant la puissance des Illuminati sur son téléphone, source d’un running gag poussif.

En fait, le film semble rassembler les défauts des deux cultures. Il ressemble à un grand clip de rap, impressionnant et prétentieux, esthétisant et violent, mais sans aucune profondeur – impression doublée par la noyade musicale. Cassel et Adjani, quant à eux, sont d’un ridicule malheureux.  On dirait qu’ils tentent de rappeler leurs statuts à chaque seconde à l’écran, croyant porter le film par des cabotinages incessants et grotesques.

Globalement, le film se vautre dans le grotesque et le tape-à-l’oeil. A force de recherche d’efficacité et de jeunisme, il oublie toute finesse et laisse un arrière-goût grossier. On se sent un peu dans ce film comme dans un fast-food.

Le personnage principal, François, est peut-être le seul à amener un peu de complexité. Sensible et sincère, ridicule et courageux, il détonne de réalité dans ce métrage en plexiglas. L’interprète Karim Leklou essaie désespérément de lui donner de la nuance mais c’est mission presque impossible dans cette tornade bouffonne.

Loin de rajeunir le paysage cinématographique français, Le Monde ou rien paraît bien ringard et vain. Mais ces ingrédients et le mini-buzz qu’il a fait à Cannes permettent à Gavras d’espérer un sort positif en salles, après l’échec de son premier long-métrage sur la rébellion des roux.

John

About the Author

Leave a Reply

Optionally add an image (JPEG only)