Ma vie avec Liberace, de Steven Soderberg ✭✭✭✭✩

Ma vie avec Liberace, de Steven Soderberg ✭✭✭✭✩

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Nous sommes dans les années 70, l’überstar Liberace rempli les salles et fait la loi dans le monde de la musique et du spectacle. Son règne est absolu. Scott Thorson, un jeune bellâtre du Wisconsin, homo assumé hors des clichés, poursuit sa vie tranquille chez sa famille adoptive.

Une rencontre

Ma vie avec Liberace retrace la secrète relation entre le virtuose et son jeune protégé, de la genèse à la rupture de leur amour interdit.

Un spectacle

Ce qui surprend dans un premier temps, c’est l’alchimie visuelle qui se dégage de l’oeuvre (car on peut dire oeuvre sans trop en faire). Matt Damon arrive à assumer son rôle de jeune premier sans tomber dans le cliché, n’ayant plus qu’à suivre un Michael Douglas rayonnant (marquant un retour réussi sur le devant de la scène, là où beaucoup l’aurait laissé pour mort). Les décors servent à merveille la personnalité kitsche et mégalo de Liberace, coordonnés avec la musique (des morceaux d’origine), permettant de créer un ballet éclatant de sentiments et de strass. Entre l’orgie néo-classique et la méga-prod (type Lady gaga), le film réussi le pari risqué de l’extravagance gay sans sa superficialité.

“Behind the Candelabra”

Car le film est prismatique. Le candélabre, comme un mur, un miroir entre Liberace et son public, entre l’ombre et le glamour. Le secret entretenu par Liberace (qui ne peut avouer son homosexualité à son public) le rend fou, tant d’amour que de jalousie, jusqu’à le faire exploser de possessivité. Les fondements même de la relation entre le pianiste et son jeune amant noircissent déjà le tableau si beau en apparence.

C’est à travers une image du “milieu” gay des 70’s que l’on épie, caché entre deux cheminées de marbre, le chemin de cet amour vacillant comme une flamme au vent. La personnalité du pianiste, ses addictions, ses folies, sa richesse aussi, mènent le film sur une pente glissante tout droit vers la jalousie et la destruction mutuelle.

Un film en apparence superficiel mais d’un degré de profondeur remarquable (d’autant plus pour ce qui était, à l’origine, un téléfilm HBO), en compétition pour la palme d’or de Cannes. Ma vie avec Liberace est à voir trois fois : une première pour l’esthétique, une seconde pour le jeu des acteurs et une troisième pour l’histoire … behind the candelabra.

Thibaut Dominican 

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Liberace

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