Passion, de Brian de Palma

Passion, de Brian de Palma

Passion

Entre fascination et manipulation, sensualité et froideur glaciale, le film Passion du réalisateur culte Brian de Palma envoûtera tous les amateurs du glamour et efficace cinéma classique américain.

Interprétées par Rachel MacAdams (Midnight in Paris) et Noomi Rapace (Prometheus, Millenium), ce film – qui est un remake de Crime d’amour, d’Alain Corneau avec Ludivine Sagnier et Kristin Scott Thomasnous raconte la tension entre deux femmes dans une grande entreprise multinationale : tension à la fois sexuelle, professionnelle et sentimentale. Christine, la supérieure, exerce un véritable pouvoir de séduction et de domination sur Isabelle, sa protégée. Ces deux femmes – l’une, blonde platine et sensuelle ; l’autre, brune plus rigide et toujours vêtue de noir – vont finir par s’affronter sans aucune pitié, entraînant le spectateur dans un thriller angoissant.

Mais ce n’est pas l’histoire en tant que telle qui intéresse le réalisateur ; il n’est pas question ici de rentrer dans la psychologie profonde des personnages. Toute la force du film se trouve dans la parfaite maîtrise de l’image par le réalisateur. « Le thriller est un genre parfait pour moi, car il permet de raconter une histoire à partir d’images. On ne se concentre pas forcément sur les dialogues», dit-il. A travers une mise en scène extrêmement précise, un jeu de lumière à la fois éclatant et inquiétant, Brian de Palma réussit par le seul travail sur les images, les angles de vue, les décors et le choix des costumes, à transporter le spectateur dans une atmosphère à la fois érotique et terrifiante. Ce monde luxueux et clinquant, ces actrices glamour et sensuelles sont rendues angoissantes et presque monstrueuses, par la seule plasticité de l’image et par sa représentation extrêmement lisse et froide.

Le réalisateur peut alors –comme le personnage de Rachel MacAdams – manipuler lui-même le spectateur avec sa propre arme : l’image. Le faisant brusquement passer du rêve à la réalité par le jeu du montage, l’installant toujours dans le doute et la gêne, et surtout, l’abandonnant dans une incroyable frustration finale, le spectateur apparaît lui-même comme une victime, prise au piège par sa propre fascination, par sa propre passion pour l’écran de cinéma et pour le glamour du cinéma américain…

Marion Attia

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