Polisse

Polisse

de Maiwenn

Une jeune photographe suit le quotidien de la brigade de protection des mineurs pendant plusieurs semaines.
Le troisième long-métrage de la réalisatrice française restera sans doute comme LA surprise de ce festival. Maiwenn filme donc, sous la forme d’un docu-fiction, cette frange de la police un peu à part. Leurs affaires courantes sont la pédophilie, les viols, les abandons d’enfants, la prostitution de mineurs… On assiste alors, jour après jour, aux « aventures » de cette équipe d’une dizaine de personnes au gré d’interrogatoires hallucinants (une adolescente qui suce 2 garçons pour récupérer son portable volé sans y voir le moindre problème !, des conversations de victimes ou d’agresseurs d’une rare dureté), d’interventions en ville, de dicussions à la cantine, de lutte de pouvoir entre les différentes divisions.
Cependant, Maiwenn s’interroge également sur leurs vies hors boulot, leurs souffrances personnelles et on y observe des personnages singuliers mais qui tombe parfois légèrement dans la caricature (l’intello, le bogoss, la rebelle…).
La force de cette œuvre réside dans la faculté à nous faire ressentir les mêmes émotions que les protagonistes, à rentrer dans chaque personnage, à s’identifier à eux et à presque faire partie de cette équipe.
Dans ce film choral, où Maiwenn joue le rôle de la photographe, le casting est parfait en tout point, de l’équipe policière aux criminels/victimes que nous ne verrons que 5 minutes. Mais un acteur, que tout le monde attendait au tournant, crève l’écran. En effet, Joey Starr est bluffant de bout en bout.

Dès sa première scène, il remet en place une jeune banlieusarde lors d’une arrestation avec une habileté et une justesse saisissante. On oublie le rappeur qu’il est, on rentre dans son personnage (pas si loin de la réalité) d’écorché vif qui cherche à sauver la veuve et l’orphelin coûte que coûte. Il tantôt dure, colérique, incontrôlable, tantôt affectueux, drôle, simple et joue avec ces émotions avec une telle facilité. Et puis il a cette gueule et cette voix qui vous fait un acteur (comme un Romain Duris par exemple). A noter également, la bonne performance de Karin Viard, actrice qui a l’habitude de jouer comme une actrice de sitcom.
Le prix du jury est amplement mérité et il se positionne comme un césarisable en 2012.

PM
Sortie en salle le 19 Octobre 2011

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