Prince of Texas de David Gordon Green ✭✭✭✩✩

Prince of Texas de David Gordon Green ✭✭✭✩✩

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Emotion

Le premier mot qui nous vient à l’esprit quand l’on tente de parler de Prince of Texas. L’histoire de Prince of Texas est celle d’un homme (Alvin) et du frère de sa compagne (Lance), chargés de rénover une route forestière au milieu d’une forêt texane, ravagée par un incendie… Pourquoi pas ?

Une claque

Les premières images plantent le décor. Avant même le début de l’intrigue, on est déjà conquis par leurs puissances : on nous plonge dans un autre monde, on traverse l’Atlantique, les années et on atterrit là où David Gordon Green veut nous emmener.

Visuellement, c’est carton plein. Les couleurs sont captées avec beaucoup de sensibilité, on a presque envie d’aller planter sa tente avec Alvin dans la forêt. La bande son, en dehors des musiques extraordinaires (Explosion In The Sky ft. David Wingo) qui créent une ambiance attractive, est parfaite. Nous ne sommes plus dans la forêt, c’est elle qui prend possession de nous.

Quant aux acteurs … que dire ? Le rôle est tenu avec une justesse saisissante. Rien ne dépasse, pas un faux-pas. Tout est millimétré, en restant réaliste, on est sous le charme. Le duo formé par Alvi solitaire et amoureux (mélancolique ?) et Lance jeune homme ennuyé et fêtard fonctionne, sans éclat. Et c’est peut-être là que le film chancelle.

« Prince Avalanche »

En effet, le film fonctionne sur des avalanches, par des à-coups de rythme qui ne sont pas vraiment bénéfiques à son harmonie générale. Certes on assiste à des scènes puissantes, qui nous font oublier tout ce que l’on savait du cinéma. On croit parfois assister à la naissance d’un nouveau genre, à une révolution visuelle, musicale. On voudrait figer ces moments d’apogée pour ne vivre qu’eux.

Malheureusement, ces scènes sont bien trop courtes, et ne suffisent pas à nous faire oublier que le film est lésé par des lenteurs, trop fréquentes, trop contemplatives. Le rythme, le talon d’Achille de Prince of Texas, nous fait parfois regretter d’être venus, tout en ayant des remords : est-ce le prix à payer pour une avalanche de beauté ?

Emile Hirsh (Into The Wild) et Paul Rudd (40 ans Toujours Puceau et autres comédies du même ton) parviennent à répondre aux principaux enjeux d’un scénario qui n’avait rien pour être aussi saisissant. Un Ours d’Argent tout de même mérité pour David Gordon Green, dans la catégorie meilleur réalisateur. Le film mérite le sacrifice d’une séance de cinéma, oui!

Ps : « Alone Time » (de la bande originale) permet, sans voir le film, de se faire une opinion de l’ambiance globale.

Thibaut Dominican

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