Special Fashion Week : The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Special Fashion Week : The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Après l’acclamé Drive et le très remarqué Only God Forgives, le danois Nicolas Winding Refn revient aux commandes d’un film controversé et ayant divisé la critique, The Neon Demon.

Porté par la jeune Elle Fanning, le réalisateur star signe ici un film fondamentalement féministe en racontant l’histoire de Jesse, jeune mannequin au charme électrique et à la beauté envoûtante, qui fera fantasmer et jalouser ses concurrentes, et ce, jusqu’à les entraîner dans une spirale de violence aux limites du fantastique. Des femmes, vues par des femmes, dans un monde de femmes.

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Avec ce film, Refn apporte à sa filmographie une œuvre à la fois universelle et très personnelle. Déjà fort de sa réputation d’esthète intransigeant, il décide d’y parler de beauté. Beauté dans le monde de la mode, mais par extension dans celui du cinéma.

« Beauty isn’t everything, it’s the only thing. »

Pour soutenir cette thèse, Nicolas Winding Refn décide de faire de son film une œuvre hybride et ludique. II emprunte à des arts connexes tels que la peinture ou la sculpture et utilise la musique (évidemment composée par LA référence dans le petit monde du cinéma indépendant américain Cliff MartinezOnly God forgives, Drive– ) de manière tout à fait virtuose en tentant sans interruption de communiquer (pour ne pas dire communier au vu du caractère quasi-sacré de l’expérience) avec son spectateur. Le film se sert également de son esthétique pour faire réfléchir et apprendre à son spectateur sur les notions de Bien, de Mal, de jalousie, de désir, de passion et de mort.

Comme l’expliquait l’auteur-réalisateur en interview (cf. « Clique x Winding x Kavinsky » sur Canal+), son cinéma s’adresse aux jeunes. La jeunesse et sa fougue transpirent du film qui comme un adolescent en quête de son identité (ou Jesse essayant de conquérir sa propre existence) exprime une foule de sentiments et d’émotions exacerbées dont il est demandé au spectateur d’essayer de les interpréter et de les comprendre pour construire une expérience propre à chacun.

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Les acteurs suivent pour la plupart avec brio le rythme soutenu de l’œuvre. Elle Fanning semble en effet un peu faible dans ses premières apparitions, ce qui s’explique, fait très rare à Hollywood, par le tournage dans l’ordre chronologique voulu par Refn. Le danois s’autorise même quelques guests stars très appréciables comme Christina Hendricks, icône de la série Mad Men et déjà vue dans Drive.

« The Neon Demon » est une œuvre transcendante, dont la précision et l’irrévérence magnifique façonnent une expérience cinématographique unique et très puissante, que certains spectateurs ne seront pas prêts à accepter, mais dont le visionnage et la tentative d’en extraire le maximum à analyser, comprendre et ressentir sont indispensables.

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Maxime Andreas Garreau

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