Star Wars VII : The Force Awakens – Réinventer ou refaire ?

Star Wars VII : The Force Awakens – Réinventer ou refaire ?

kylo ren

Attention, spoilers à tout va.

Que la sortie du nouvel opus de Star Wars, en l’occurrence l’épisode 7, sobrement intitulé Le réveil de la force, soit l’événement de l’année est une évidence. Jamais certainement l’attente d’un événement culturel n’avait été aussi globale et forte. Le film, qui risque de briser bien des records, était proportionnellement redouté : la seconde trilogie résonne encore comme un traumatisme pour les fans de la première heure, et le rachat de Lucasfilms par Disney pouvait faire craindre une dénaturation de l’esprit de la saga. Que l’on se rassure tout de suite, on en est bien loin.

Il faut l’avouer tout de go, le film est une franche réussite. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la renommée de l’hexalogie : des pointes d’humour bien senties, l’univers fantastique à la faune riche et aux planètes diverses, des personnages attachants et charismatiques, le sort de la galaxie en jeu, une dichotomie marquée entre les forces du Bien et du Mal. S’il s’inspire évidemment du style de George Lucas, inscrivant avec force le nouvel opus dans la continuité esthétique des précédents, J.J. Abrams parvient à apporter une fraîcheur certaine à la réalisation. De ci de là on assiste donc à des prises de vues ambitieuses qui ajoutent à l’univers une touche esthétisante plutôt agréable.

La première heure du film est en tout point emballante. L’introduction des nouveaux personnages se fait avec bonheur : Kylo Ren, successeur de Vador, s’offre une entrée en scène particulièrement marquante, mais les personnages de Finn et Rey (voire Poe et BB-8) ne sont pas en reste, et l’empathie (ou la crainte) est immédiate. L’excellence du casting (Adam Driver, John Boyega, Oscar Isaac, Domhnall Gleeson et l’épatante Daisy Ridley) n’est sans doute pas étrangère à ces premières minutes d’exposition rythmées. Lorsque l’action quitte la planète sablonneuse de Jakku, J.J. Abrams n’est pas loin du sans faute. Le retour (attendu) de Han Solo dans la saga ne brise pas l’élan, mais petit à petit, presque malencontreusement, on remarque un certain essoufflement, comme si le plaisir nostalgique tuait dans l’œuf la force créatrice déployée précédemment. Mais le charme continue d’opérer, malgré quelques clins d’œil trop appuyés et une narration plus embrouillée.

La dernière partie du film promet beaucoup mais finit par décevoir, malgré une vraie beauté visuelle et quelques scènes fortes. Le réveil de la force, à proprement parler, est trop prompt, pas assez subtil, et même à la fin plutôt grossier. Que le personnage de Rey se révèle un Jedi en puissance est à la fois logique dans la construction du film et une bonne idée (une femme Jedi, c’est rare), mais qu’elle soit capable, en quelques minutes, de se défaire de Kylo Ren, si puissant jusque là, dérange. Le côté obscur a bien faibli, semble-t-il, de l’absence d’opposition, et la performance hallucinée d’Adam Driver ne sauve pas un personnage dont la fin ridicule contraste avec les premières apparitions, iconiques. C’est là un vrai gros regret sur le film : un combat dominé et gagné par Kylo Ren, duquel Rey se serait enfuie battue mais vivante, aurait été non seulement plus logique, mais aussi plus intéressant dans la perspective de l’épisode 8.

Au-delà de la défaillance de l’antagoniste, la dernière partie présente un aveu de faiblesse criant : elle se calque, de façon quasi-explicite, sur la dernière partie de l’épisode 4, Un nouvel espoir (pour ceux qui ne suivraient pas, le premier film sorti en salles, en 1977, mais le 4e dans l’ordre diégétique). Que le film comporte un fan service important était attendu, et on ne boude pas son plaisir quand le film s’attarde sur les retrouvailles de Han Solo et la princesse Leia. Mais le copié-collé de l’Étoile Noire, dans une version simplement plus imposante (dans un transfert qui rappelle le récent et navrant Jurassic World) mais guère mieux protégée (il suffit encore d’une poignée de X-Wing pour la détruire) sent le réchauffé. Tout comme la scène, pourtant réussie, de retrouvailles entre Han Solo et Kylo Ren, rappelle, par son cadre au dessus d’un puits sans fond, et sa thématique parricide, la fin célébrissime de l’épisode 5, sans que cela ne serve à grand chose. Qu’elles sont loin, les premières minutes innovantes, où J.J. Abrams réinvente la façon de filmer un monde désertique et pimente le récit initiatique classique par de vraies audaces scénaristiques.

Le mouvement entier du film va en réalité du neuf vers l’ancien (voir la scène éloquente où BB-8, le sympathique nouveau droïde, retrouve R2-D2), de l’audacieux vers le convenu, ce qui est révélateur de l’état actuel de l’industrie cinématographique, où un produit n’est sûr de se vendre que s’il copie un produit qui s’est déjà vendu. Quel besoin de réinstaurer une opposition entre la Résistance et le Premier Ordre qui est l’exacte copie du binôme Rébellion/Empire, d’autant que les deux forces sont dotées des mêmes armes (X-Wings contre planètes capables de détruire des planètes) ? Le film en son entier est finalement à l’image de Kylo Ren, le nouveau méchant qui a un nouveau sabre laser rouge et un nouveau casque, mais qui n’est finalement qu’un ersatz dévalué de Vador, son petit-fils un peu raté qui désespère de jamais arriver à la hauteur de son aïeul. Difficile de ne pas voir ici retranscrites dans le film les angoisses qu’a dû vivre J.J. Abrams face au projet. Il savait d’avance qu’il ne ferait jamais aussi bien que Lucas, et a donc décidé de minimiser les risques et de reprendre ses recettes.

Encore une fois, précisons que le film est réussi, étant donné l’attente immense qu’il suscitait. Il reprend avec brio les thématiques et l’imagerie de Star Wars, parvenant même à innover et à moderniser la saga sur bien des points – mais faillit en définitive de n’avoir pas été au bout de ses idées, d’avoir davantage fait l’éloge du passé que mis en valeur le présent.

Pour conclure, revenons sur un point philosophique qui parcourt toute la saga, l’importance de l’ascendance et de l’héritage. Star Wars 7 est parcouru de bout en bout d’histoires familiales,qui permettent d’expliquer toute l’intrigue (et peuvent rendre le film un peu obscur à un néophyte). L’insistance discrète sur le rapport de Rey à sa famille disparue laisse présager du plus improbable (pour ne pas dire du pire). Nul doute que les théories les plus folles alimenteront les débats jusqu’à la révélation qui ne manquera pas de se faire dans le prochain opus (en 2017), car, dans Star Wars, de 1977 jusqu’en 2015, on ne maîtrise pas la force si ça ne coule pas dans le sang. Dans cet océan tumultueux de relations familiales où s’affrontent divers élus (en attendant sûrement mieux, Rey se considère déjà comme la demi-sœur adoptive de Kylo Ren), la figure de Finn, le stormtrooper dissident, détonne. Conditionné dès sa naissance par le régime totalitaire du Premier Ordre, il s’en échappe cependant, et fait preuve tout au long du film d’une liberté d’esprit étonnante, qui sort finalement de nulle part (comment penser librement quand on vit dans un univers où la pensée n’existe même pas ?). J.J. Abrams se détache de la vision quasi élitiste de Lucas pour nous offrir un vrai éloge humaniste où même le dernier des stormtroopers peut aspirer à une vie meilleure, faite de liberté et d’amour. Croisons donc les doigts pour que Finn ne se révèle pas dans quelques années être le petit-fils caché de Mace Windu.

Phil

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1 Comment

  • Caroline S 17 décembre 2015 at 19 h 52 min

    Il y a longtemps, dans une galaxie très lointaine, des rebelles de l’espace aux prises avec des méchants galactiques cachent un plan super important sur un droïde avant d’être capturés. Le droïde se retrouve sur une planète désertique où après avoir été récupéré par un étrange peuple du désert, atterrit dans les mains d’un habitant du cru pauvre et sans avenir. Pris en chasse pas les méchants qui veulent ces plans, le personnage pauvre doit fuir avec le droïde, et pour ce faire, quitte la planète désertique à bord du Faucon Millenium, le vaisseau d’un certain Han Solo et de son copain Chewbacca. Tous ensemble, ils décident qu’il faut absolument apporter les plans aux rebelles qui soutiennent la République. Mais c’est sans compter sur la nouvelle arme des méchants, une base de la taille d’une planète capable, justement, de réduire en poussière d’autres planètes d’un seul tir. Ce qu’elle fait sur les planètes pro-rebelles, tuant des millions de gens. Les gentils, après avoir découvert que le personnage pauvre de la planète désertique était en fait un jedi, décident qu’il faut agir. Mais les méchants aussi ! Et bientôt, l’arme planétaire des vilains est prête à carboniser la base secrète des rebelles et la planète qui l’abrite. Ni une, ni deux, nos héros aidés par de précieux renseignements et après moult efforts parviennent à atteindre un trou à la surface de l’arme ennemie, et un seul de leurs chasseurs parvient donc à faire exploser toute l’arme ennemie, sauvant les rebelles, et ne laissant qu’un seul survivant : le chef des méchants, un jedi, mais vilain, qui s’avère avoir un lien de parenté avec les gentils.

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