Suneung de Su-won Shin ✭✭✭✩✩1/2

Suneung de Su-won Shin ✭✭✭✩✩1/2

 

 

«  Yujin, élève de terminale promis à un avenir brillant, est retrouvé assassiné. Très rapidement, les soupçons se portent sur June, l’un de ses camarades de classe. Mais en remontant le fil des événements, c’est un univers d’ultra-compétition et de cruauté qui se fait jour au sein de ce lycée d’élite, où la réussite au « Suneung », l’examen final qui conditionne l’entrée des élèves dans les meilleures universités, est une obsession. Pour obtenir la première place, certains sont prêts à tout, et même au pire… »

Premier long-métrage de la réalisatrice Su-won Shin, une ancienne professeur, Suneung était présenté hors-compétition à Deauville Asie en 2014, un an après sa sélection berlinoise. Le titre du film est celui de l’examen de fin d’étude secondaire hautement compétitif que doivent passer les étudiants sud-coréen, déterminant pour leur future université. Véritable rituel national de la méritocratie, l’examen est accusé en Corée du Sud et ailleurs d’être à l’origine des taux de suicide et de dépression extrêmement élevé chez les jeunes coréens. Suneung se présente donc comme un thriller plutôt classique s’attaquant à des controverses sociales majeures en Corée.

Le film maitrise très bien sa narration basée essentiellement sur un très long flashback qui vient répondre à la question « Pourquoi en est-on arrivé là ? ». Le récit, très fluide, permet de faire efficacement monter tension et suspens jusqu’au dénouement final. Suneung s’impose donc comme un thriller efficace et radical. C’est d’ailleurs peut-être cette radicalité qui vient affaiblir le message anti-système du film, trop violent et trop peu intime pour parvenir à un tableau choquant du système éducatif coréen. A la question du stress, de l’ultra-compétitivité et des inégalités sociales face à l’éducation vient s’ajouter la thématique largement abordée des sociétés secrètes étudiantes qui, même si elle opère comme très bon argument de suspens, alourdit la charge du film. Enfin, à cette densité thématique s’ajoute une mise en scène alternant des instants très sobres et classiques avec des plans plus tape à l’oeil et parfois un peu grossiers.

Au final, Suneung se révèle être un très bon thriller, bénéficiant de jeunes acteurs talentueux et d’une réalisatrice impliquée, mais souffre d’une froideur et d’un empilement qui viennent affaiblir son propos dénonciateur.

Adrien

 

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