The Dictator, avec Sacha Baron Cohen

The Dictator, avec Sacha Baron Cohen

L’amiral général de la comédie faussement scénarisée est de retour après son bouillant Borat, et son décevant Bruno. Vaguement, c’est l’histoire d’un dictateur à forte pilosité nord africain, qui vit dans le luxe, la luxure, le machisme, la peur et qui garde son immense source de pétrole pour lui. Il va cependant se rendre a l’ONU pour négocier ses volontés de guerre, mais va se faire doubler. Il devra donc se venger, seul dans New York…

Alors que penser de ce film? Du bien et du mal.
Du bien parce qu’il prend a Borat ses qualités d’inventivité, de variété et surtout d’impertinence . Il récupère aussi la figure de l’anti héros en marge, qui ne comprend pas la société américaine et les avancées culturelles et sociales, un décalage assez croustillant. L’humour mêle le gras, le baveux, aux finesses d’une écriture parfois acérée quant elle traite de la politique américaine (la pique sur Dick Cheney et le discours de fin sont particulièrement bien sentis). Ce contraste est rafraichissant et parfaitement maitrisé.
Pour être complet, on se doit de saluer la performance de Sacha Baron Cohen, encore une fois excellente, et parfaitement secondée par Anna Faris, habituée des Scary Movie, qui a pourtant un réel talent qu’elle fait parler dans ce film.
Le personnage du dictateur est très charismatique, bien plus que l’efféminé Brüno, son univers est très bien travaillé et la promotion (on pense aux félicitations à notre cher nouveau président) est plutôt caustique.

Mais du mal aussi. Le film hérite du défaut majeur de son prédécesseur: il manque cruellement de rythme. Et cela est notamment du au fait que Sacha Baron Cohen a encore une fois (comme dans Brüno) décidé de réellement scénariser son film, d’en faire une véritable fiction, et non pas juste un « Mockumentary » (un faux documentaire) enchainant les sketchs comme des perles. De fait, l’ancrage dans le réel est inexistant (faute à une surenchère de moyen, à une réalisation très professionnelle), ce qui ne permet pas d’avoir comme avec Borat, le sentiment d’avoir les seconds rôles et figurants totalement dépassé par les événements et par le personnage principal. Le film manque d’euphorie, le tout fait un peu faux, très contrôlé et sans réelles folies. La présence de guest-star comme Ben Kingsley, John C. Reilly, Megan Fox ou encore Gad Elmaleh est plutôt sympathique mais elle renforce ce coté faux, et nuit malheureusement au film.

Le film présente bien, ne fait pas cheap, on peut clairement rire à de très nombreux moments, mais il manque l’honnêteté et l’audace dont faisait preuve Borat, qui l’a rendu si culte. Malgré ses défauts, le film reste top à voir entre amis mais n’entrera pas dans les annales.

Cyril C.

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