The Land of hope, de Sono Sion ✭✭✭✩✩

The Land of hope, de Sono Sion ✭✭✭✩✩

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Connu pour la provocation de ses œuvres, le poète-réalisateur japonais, Sono Sion, s’adoucit nettement dans son dernier film, The Land of Hope, dont l’histoire est pourtant d’une forte violence, s’inspirant de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Plaçant son récit dans un petit village fictif nommé Nagashima (mélange de Nagasaki et de Fukushima), Sono Sion immerge le spectateur dans le quotidien d’une famille de fermiers et de leur voisinage. Le réalisateur réussit à faire ressentir, de manière très juste, le caractère paisible de la vie de ces habitants du village. Prendre soin de ses fleurs, de ses vaches, de ses cultures, veiller sur ses arbres ancestraux, sur sa compagne, sur son chien, telles sont les principales occupations de ses personnages, qui nous apparaissent d’une extrême sensibilité et d’une incroyable tendresse.

Par son traitement de l’image, Sono Sion nous propose des plans dont les couleurs sont fortement adoucies. On est rapidement frappé par l’atmosphère blanchâtre et l’absence de couleurs sombres qui composent ses plans – seules les fleurs plantées devant la maison de nos personnages principaux contrastent par leurs couleurs vives.

Or, le risque est que cette clarté de l’image tombe rapidement dans le fade… Et c’est malheureusement ce dont le film est quelque peu victime, par ses longueurs et par le manque d’évolution de ses personnages. Si le film est très réussi pour comprendre l’impact sanitaire et émotionnel de ce type de catastrophe nucléaire, pour ressentir le très fort attachement des habitants à leur terre et à leur maison, pour mesurer la manipulation des médias et des politiques par rapport à la diffusion de l’information et à l’absurdité des plans d’évacuation – bref pour la poignante dénonciation sociale que nous livre le réalisateur  – il ne parvient pas à prendre véritablement vie, à apparaître tout à fait saisissant.

Les relations entre les personnages, pourtant si tendres et attentionnées, ne réussissent pas totalement à nous toucher. Le film ressemble à un mélange assez troublant de Kaïro et d’Amour : d’un côté par la représentation de la « phobie nucléaire », de la peur de la désintégration et par l’expérience du vide, du néant ; de l’autre, par la peinture de relations extrêmement soudées et aimantes entre des individus. Mais il ne parvient ni à atteindre cette froideur angoissante d’un monde nucléaire sans vie et désertique, ni à faire transmettre la véritable force de la chaleur affectueuse entre les relations humaines.

Cependant, ce film reste très pertinent pour son propos ; il nous transporte dans un univers qui nous est étranger, et dans lequel il est pourtant très facile de nous retrouver. Malgré son pessimisme, un sentiment de tendresse réussit à planer tout au long du film et laisse une certaine douceur dans l’esprit du spectateur.

Marion Attia

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