The Spectacular Now de James Ponsoldt ✭✭✩✩✩

The Spectacular Now de James Ponsoldt ✭✭✩✩✩

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    Le festival du film américain indépendant de Sundance, véritable institution de la cinéphilie, a démarré il y a 3 jours à Park City dans l’Utah. The Spectacular Now faisait partie des lauréats de la précédente édition, et avait largement enthousiasmé la critique américaine lors de sa présentation. Réalisé par James Ponsoldt (Smashed, Off The Back), un habitué du festival, le film se présente comme un teen-movie alternatif sur fond de questionnement philosophique. Bien construit et bénéficiant d’un casting impeccable, le film s’engouffre cependant dans une forme d’académisme Sundance qui le prive de saveur.

    Sutter Keely, un adolescent hédoniste et populaire dans une petite ville américaine, ne jure que par le présent. Fêtard, tombeur, sa joie de vivre n’a d’égale que son manque d’ambition et son alcoolisme. Après une grosse cuite, il fait la rencontre d’Aimee, une jeune fille discrète adepte de comics et de mangas. Les deux personnages vont s’entraider l’un et l’autre pour résoudre leurs problèmes.

    Le film commence par une introduction réunissant tous les stéréotypes du teen movie, en mode orgies et philosophie yolo, pour contraster avec le ton plus inhabituel employé dans le reste du film, plus délicat et mélancolique. L’interprétation de Miles Teller (Sutter) et Shailene Woodley (Aimee) véhicule une brillante innocence, magnifiée par le reste du casting (dont la géniale Mary Elizabeth Winstead, connue pour son rôle de Ramona Flowers dans Scott Pilgrim). L’image est belle et la caméra ultra maitrisée, mais c’est hélas aussi ce qui nuit grandement au film.

    De fait, après 1h30, la frustration est grande tant l’académisme et la droiture du film l’empêchent d’atteindre sa promesse, celle d’une fable adolescente profondément adulte qui s’interroge sur notre relation avec le passé, le présent et le futur. The Spectacular Now souffre au final du « syndrome Sundance », celui du film indépendant qui s’engouffre dans un style très académique dicté par ses paires et fondamentalement défini par une opposition très sèche aux procédés hollywoodien. Le problème de la lenteur et de la légèreté prônée systématiquement pas les réalisateurs indépendants américains est qu’elles s’accompagnent trop souvent d’une certaine fadeur. En voulant tous contraster avec Hollywood de la même façon, les habitués de Sundance finissent par entraver leur propre créativité, et c’est de ce symptôme dont souffre clairement The Spectacular Now. La caméra reste très froide, distante tout le long du film et rétissante à prendre des risques et entrer dans le corps de son sujet.

    Résultat plutôt décevant finalement pour The Spectacular Now, qui incarne très bien à lui seul les nombreux problèmes liés au cinéma indépendant américain de ces dernières années. On espère grandement que l’édition 2014 du festival de Sundance laissera la place à des projets révolutionnaires pour entretenir la place primordiale de cette école dans le cinéma mondial.

Adrien 

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