The Tree of Life

The Tree of Life

de Terrence Malick

Une réflexion sur la vie et la nature à travers une famille américaine.
Je préfère être honnête, j’étais à deux doigts de sortir de la salle au bout de 30mn. Si mes souvenirs sont exacts, l’idée ne m’est jamais arrivée à l’esprit depuis que je fréquente les salles obscures (c’est dire le supplice), et sans l’aura de Terrence Malick, je crois bien que je n’en aurai pas vu la fin.
Faisons simple. Le 5ème long métrage de l’américain (en presque 40 ans de carrière) est une œuvre hallucinante, presque un craquage cinématographique où Malick s’en donne à cœur joie dans ces thèmes de prédilection (la Nature et son rapport avec l’Homme, la mort, le paradoxe amour/haine). On voit clairement dans ce film deux parties ; la première, celle du cinéaste de génie, occupé à relater le quotidien d’une famille américaine de classe moyenne dans les années 60, de la rencontre des parents à la naissance de leurs trois enfants et la vie de famille qui s’en suit. Et cette vie se décrit comme un conflit permanent entre le père (Brad Pitt) et ses trois fils mais aussi avec sa femme qui est aussi douce qu’il est exigeant. Pitt est exceptionnel (il est selon moi le vrai prix d’interprétation de Cannes, mais variété des récompensés oblige, il ne pouvait en être) ; il est sévère, haissable, intransigeant, c’est-à-dire un patriarche à l’ancienne qui s’impose comme le chef absolu et impose sa vision et ses envies à sa famille sans discussion. L’ainé est en conflit permanent avec lui et souhaite justement imposer ses idées et il aimerait presque que son père meure. Cette chronique est en symbiose avec la nature, les protagonistes se réfugiant souvent dans celle-ci en faisant part de leurs pensées profondes.
Malick est ici à son summum, il exécute une série de plans sans réel fil conducteur mais ses plans sont murement réfléchis, la caméra navigue de personnages en personnages, de pièces en pièces, tel un courant d’air et on se laisse emporter dans ce conte dramatique. Celui-ci parait presque intemporel et parlera à n’importe qui
La seconde partie, celle du professeur de philosophie, est là aussi une série de plans, mais là sur la vie et sa création. S’y mêlent des images de la Terre, de cellules, de vagues, d’animaux qui touchent franchement le ridicule. Celle d’un dinosaure en épargnant un autre près d’un lac provoque presque un éclat de rire. Le trouble que cherche à créer Malick est bien présent, mais il est malheureusement fatigant, épuisant, comparable à un boxeur qui serait roué de coups. Le cinéphile en sort véritablement groggy (et la salle, mardi dernier, a produit un cri de soulagement que je n’aurais peut être plus jamais l’occasion de réentendre).
Et ces deux parties s’entremêlent tout au long du récit. On pourrait presque de parler d’une œuvre mélangeant Yann Arthus-Bertrand et Lars Von trier (vous ne voyez pas vraiment les deux ensembles ? Moi non plus… et pourtant…)
The Tree of Life a reçu la Palme, je ne pourrais pas dire que c’est immérité tant il parait incroyable, osé et superbe par instant à côté de tant de productions fades, mais je préfère dire que Malick la mérite pour 1h de pur génie, le reste relèvant sans doute de l’escroquerie…

PM
Sortie le 17 mai 2011

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