Top des films de 2016

Top des films de 2016

On aura beau dire que “Cannes c’est pour les vieux connards branchés du Cinéma”, cette année le festival nous a surpris, et surtout conquis.

Preuve en est avec ce top 10 des meilleurs films de 2016 que l’ACD vous propose. Parmi ces dix films, pas moins de six faisaient partie de la sélection officielle  et un de la sélection Un certain regard.
Autre fait intéressant qui peut remettre en question l’hégémonie de l’industrie hollywoodienne, seuls trois films du top sont de réalisateurs américains. Coréen, québécois, hollandais, danois, mexicain, espagnol ou allemand; les films que nous avons préférés cette année sont souvent des films qui ont une identité culturelle et une esthétique forte.

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Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°10 : The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu     Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg


Un film de Alejandro González Iñárritu (Birdman, Babel), avec Leonardo DiCaprio et Tom Hardy parmi les acteurs principaux. Ce film, fondé sur une histoire vraie, est non seulement, une remarquable prestation de la part des acteurs, mais aussi un décor et une mise en scène qui offre un spectacle grandiose. Le réalisateur relève tous les défis face à la nature et nous transporte dans ces paysages immenses et magnifiques. Un scénario évidemment original qui appuie cette force de réalisatio
n. La proximité des caméras face aux acteurs, permet aux spectateurs de vivre avec eux, vivre leur respiration, leur maux et même leur sang! Ainsi, et d’autant plus dans un cinéma, ce film nous emporte jusqu’au bout. On peut retrouver le sentiment de solitude, et de marche sans fin que l’on ressent dans Into the Wild , mais aussi cet aspect très cru et violent propre à Tarantino. Si ce film dit de genre « masculin » n’a pas plus à tout le monde, pas besoin d’être un mec pour aimer la baston. Alors si vous ne l’avez pas vu, c’est le moment!

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hunter_spotlight-ConvertImageFlag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°9 : Spotlight, de Tom McCarthy    Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg

Spotlight s’attaque de façon couillue à un sujet tabou et pourtant au coeur de nombreuses polémiques : la pédophilie ecclésiastique catholique. Grand vainqueur du sacro-saint Oscar du meilleur film en 2016 ainsi que celui du meilleur scénario original, le film suit l’enquête des journalistes d’investigation du Boston Globe sur l’abus sexuel dont de nombreux prêtres sont coupables. Inspirés de faits réels, le film est d’utilité publique; et la réalisation et la direction des acteurs sont au service d’une histoire haletante. Un casting fou (Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, Liev Schreiber) pour un film qui regorge de rebondissements et de moments de tension très bien gérés par le réalisateur Tom McCarthy.

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hateful_eightFlag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°8 : Les Huit Salopards, de Quentin Tarantino   Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg

Le huitième film réalisé par Quentin Tarantino, »Les huit salopards », un hasard? Certainement pas. Dès la première minute, la voix de Samuel Jackson, qui interprète le rôle d’un chasseur de primes, nous plonge dans une atmosphère déroutante, perturbante mais prenante. Le spectateur se fait le témoin de ce film à huis clos, dans une forêt américaine, quelques années après la guerre de sécession. L’unique décor est une cabane plantée au milieu de la montagne, sous la neige, glaciale. Coincés par une tempête, les huit truands se voient contraints de cohabiter ensemble, dans une ambiance plus que réchauffée. Toute l’intrigue repose sur un élément majeur: la trahison. Le personnage de Daisy et son complice iront-ils jusqu’à tuer leurs compagnons de galère pour faire évader cette prisonnière meurtrière?

On retrouve deux acteurs emblématiques de « Reservoir Dogs », Tim Roth et Michael Madsen, dont le talent n’est plus à prouver.
Cependant, bien que d’une violence rare,  le film est contrasté par un humour assez féroce. Les acteurs arrivent à nous faire rire et pleurer en cascade pendant presque trois heures, et nous osons rire de la mort qui ici devient presque aussi comique que chez Burton. Car ne l’oublions pas, il est bel et bien question dans ce film de huit personnages dont le seul objectif est de sortir vivant de cette maison, peu importe ce qu’il en coûtera aux autres.

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Flag_of_Germany.svg   N°7 : Toni Erdmann, de Maren Ade   Flag_of_Germany.svg

A travers des scènes surréalistes et parfois même aberrantes, Toni Erdmann, présenté au festival de Cannes de 2016 par Maren Ade, se pose comme une critique sociale amère. Avec un naturalisme tout à fait intransigeant, nous suivons Ines, expatriée allemande à Bucarest pour son travail au sein d’un cabinet d’audit. Lorsque son père vient lui rendre visite, elle ne cache pas son exaspération. S’ensuivent une série de péripéties et scènes toutes plus loufoques les unes que les autres. Ce film dresse ainsi une critique d’un ordre économique mondialisé et sans pitié, mais avant tout le portrait d’une relation père-fille tout à fait spéciale. A travers l’humour et des questionnements sur le bonheur, Maren Ade dépeint une relation qui touche chacun et à laquelle on s’identifie sans problème.

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Flag_of_Spain.svg    N°6 : Julieta, de Pedro Almodovar    Flag_of_Spain.svg

 Dernier venu dans la filmographie de Pedro Almodovar (Volver, Talons aiguilles, La piel que habito…), le film éponyme raconte l’histoire de Julieta qui, sur le point de partir au Portugal avec son amant, croise l’amie d’enfance de sa fille qu’elle n’a pas vue depuis des années. Partant de là elle va essayer de la retrouver et décide de lui raconter sa vie par écrit, à partir du moment où elle a rencontré son père, Xoan. Bien moins fou et kitsch que Les amants passagers et moins dérangeant que La piel que habito, Julieta mélange les genres et les histoires avec une maestria propre à son auteur. Les acteurs et surtout actrices, qu’Almodovar met encore une fois remarquablement en valeur,  sont toutes excellentes et touchantes, et l’histoire nous immerge dans la solitude et la mélancolie de l’héroïne. Une gouvernante intransigeante et dévolue à son maître à la Mrs Danvers de Rebecca, un mari volage, un amant délaissé; les péripéties de la jeune Julieta ne font que renforcer la solitude et la morosité de sa vie de femme mûre, qui s’enfouit sous les regrets de n’avoir su garder sa fille.

 Grand oublié de Cannes, dont il faisait pourtant partie de la sélection officielle, Julieta est 1h30 de douceur bercée de guitares espagnoles, qui fait sans aucun doute partie des meilleurs films de 2016.

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Flag_of_France.svg    Capture d’écran 2017-01-22 à 17.46.08    N°5 : Juste la fin du monde, de Xavier Dolan     Capture d’écran 2017-01-22 à 17.46.08   Flag_of_France.svg

Pour les amateurs de drames familiaux, le dernier Xavier Dolan passe très très bien. On connaissait déjà son intérêt pour le lien mère-fils (J’ai tué ma mère en 2009, Mommy en 2014), il s’intéresse maintenant aux silences et incompréhensions qui naissent dans une cellule familiale déchirée, habitée d’un secret (inavouable et même indicible jusqu’à la fin). Le film est largement inspirée du livre éponyme de Jean-Luc Lagarce mais aussi des œuvres d’Edouard Louis (surtout Histoire de la violence) et est porté par des acteurs choisis à la perfection: Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard et Léa Seydoux. Si le film laisse sur sa fin d’une certaine manière (on en veut plus, on veut rester dans ce cocon dont la violence est latente), il rejoint notre top car Dolan confirme son don pour la réalisation; les personnages sont travaillées, profonds et la bande-son iconique.
C’est, en un mot et ceux de Dolan, un film “qui dit beaucoup pour au final taire l’essentiel”.

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Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg   N°4 : Captain Fantastic, de Matt Ross     Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg

Les utopies ne sont pas toujours parfaites.
Captain Fantastic, vainqueur du prix de la mise en scène dans la catégorie Un certain regard à Cannes, raconte l’histoire d’une famille américaine anticapitaliste et hors-système.
Il nous a fait rigoler puis pleurer, puis les deux. De plus, Viggo Mortensen (ou pour ceux qui sont un peu plus geeks : Aragorn) est absolument incroyable. Il illustre l’humanité que nous semblons ne pas attribuer à nos parents tout en nous montrant la beauté de l’amour ( paternel ou pas).
Les paysages qui sont montrés tout au long du film sont magnifiques, chaque cadre pourrait être en effet une peinture à elle seule. La gamme de couleurs est parfaitement complémentaire ce qui a un effet extrêmement apaisant pour les yeux.

Possiblement un des nos films préférés et assurément un des meilleurs films du 2016 qui oui,  a été une année nulle où Bowie est mort et Trump est devenu président mais qui a quand même eu des films excellents. 

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Flag_of_France.svg    N°3 : Elle,  de Paul Verhoeven     Flag_of_France.svg

Violence et Erotisme ! Avec Elle, Paul Verhoeven nous fait basculer dans les entrailles de la décadence et les méandres du désir sexuel profond les plus terribles. Ce n’est pas seulement bizarre, étrange. Le rapport érotique ici est pris sous toutes ses formes et ses dimensions ; ce qui nous donne à explorer un sujet jusqu’à en devenir bouleversant.

Le désir-violence est la matrice du film. Tous les personnages sont touchés par un travers de l’éros, mais ce travers qui fait de son désir une pulsion de violence –subie ou donnée- est surtout la clef de voûte de l’édifice critique de Verhoeven. L’Homme est sa cible : il est juvénile, irraisonné, inconstant et violent.

Face à cela, la très élégante Isabelle Huppert incarne la femme indépendante de notre temps, sans pour autant être émancipée. Certes, sa situation financière, son travail professionnel et son libertarisme dresse cette femme en icône du XXIème siècle. Cependant, Verhoeven n’a pas encore atteint le point de rupture où l’émancipation des femmes est complète, du moins majeure. Les femmes qui entourent Huppert sont naïves, hystériques ou superficielles.

Elle est tout de même un des grands films de cette année, tant sur le plan scénaristique que sur le volet de l’interprétation. Derrière une absurdité déconcertante, Verhoeven nous offre surtout un aperçu de ce que peut vivre une des 9 femmes qui se fait violer toutes les heures en France, inhumanité de chacun et immoralité de tous.

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Capture d’écran 2017-01-22 à 17.34.42   Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°2 : The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn   Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg   Capture d’écran 2017-01-22 à 17.34.42

Après l’acclamé Drive et le controversé Only god forgives, Nicolas Winding Refn signe un dernier long-métrage atrocement jouissif. Tout y est : du cannibalisme à la musique psychédélique. On est plongé dans l’univers hyperesthésie du réalisateur qui nous livre sa propre vision de la mode. La beauté y dévoile toute son horreur. La beauté n’est pas seulement le thème du film, elle en est le leitmotiv. La manière de filmer est telle que la pire des horreurs devient supportable à regarder. Bref, un film inédit sur la beauté avec une réalisation unique. A voir de toute urgence.

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                      Flag_of_South_Korea.svg N°1 : Mademoiselle, de Park Chan Wook   Flag_of_South_Korea.svg

Mademoiselle devait apparaître dans ce top 10, et se pose en première place grâce à son caractère complet en termes filmographiques. Ce thriller coréen représente le retour de Park Chan Wook au cinéma, après quatre ans d’absence. Le film est construit en triptyque, dégageant les différents points de vue des personnages : Sookee est une jeune fille engagée en tant que servante auprès d’une riche héritière pour la duper, et atteindre sa fortune. La mise en scène magnifie à la fois les espaces et les corps, à travers notamment des scènes d’un érotisme émouvant. Le parti des femmes est ici pris de manière assez étonnante. Ce film est ainsi troublant, et emporte par la liberté qui est apportée finalement au genre féminin. L’engouement du spectateur naît ainsi d’un scénario juste et précis, illustré par un jeu d’actrices exceptionnel, et un travail de l’image, tantôt brumeuse, tantôt éclatante.

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