Warm bodies, de Jonathan Levine ✭✭✭✩✩

Warm bodies, de Jonathan Levine ✭✭✭✩✩

warm bodies
Zombie or not zombie

  La franchise Twilight étant arrivée à son terme, il était urgent pour Summit (le distributeur) de rassasier les adolescentes prépubères folles et fan d’Edward. Celle-ci, ayant senti le filon et le blé à se faire, a donc jeté son dévolu sur le best-seller d’Isaac Marion (publié en France sous le titre Vivants), apparent substitut à la série vampiresque. A ceci près que, ici, ce sont de zombies de qui on parle.
Dans un monde post-apocalyptique, l’un d’entre-eux, un dénommé R (ndlr : il a oublié son prénom), interprété par Nicholas Hoult (qui a le vent en poupe : il est l’actuelle vedette de Jack le chasseur de géants), erre avec ses congénères dans un gigantesque aéroport, désespérément à la recherche de chair fraiche. Jusqu’au jour où, lors d’une escapade gastronomique avec ses potes déterrés, il tombe follement amoureux d’une jolie humaine, Julie (joué par l’incendiaire Teresa Palmer)…
Dès les dix premières minutes, le ton est donné et le spectateur se voit projeter à des années-lumières de l’univers de Twilight et de ses deux bellâtres quelque peu bouchés du rectum. Et c’est là où réside tout le génie de l’astucieux réalisateur Jonathan Levine (All the Boys love Mandy Lane), habile en ce qui concerne de traiter des tourments adolescents : l’utilisation de la voix-off de R (eh oui, pas faciler de draguer lorsqu’on est un zombie) confère au film un charme fou, le faisant lorgner, et ceci par le biais de son humour ravageur et mordant (Julia tombe amoureux d’un zombie, zombie ayant lui-même graîller son petit-copain !), plutôt du côté d’un Bienvenue à Zombieland. Avec sa zomcom, Levine nous sert un spectacle euphorisant et parvient même à nous convaincre que Warm Bodies est plus qu’un simple ersatz de Twilight. Les plus goravores d’entre vous déploreront qu’il manque peut-être quelques effusions d’hémoglobine (mais, on vous rassure, on est bel et bien devant un film de zombies !). Cependant, le film se voit tellement dénué de toute l’habituelle romance dégoulinante de bons sentiments visible chez la concurrence qu’on en vient à le complimenter, simple au demeurant et sans aucune autre prétention, si ce n’est celle de divertir le spectateur. Mais s’il y a encore quelque chose à louer (outre une tracklist mortelle) dans cette innovante et judicieuse relecture de Roméo & Juliette complètement barrée, c’est dans sa portée métaphorique, et de nous rappeler que l’amour reste encore l’unique et seul remède vers une possible (ré-)humanisation des liens des Hommes.

Dorian Fernandes

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