« Wildlife », portrait doux-amer d’une famille en crise

« Wildlife », portrait doux-amer d’une famille en crise

Trois tentatives, trois… La première non fructueuse, la deuxième également mais on aperçoit Paul Dano qui entre triomphalement dans la salle. La troisième tentative sera la bonne, après deux heures d’attente devant le cinéma… Alors Wildlife, premier film du jeune acteur Paul Dano, valait-il le coup ?

Paul Dano et Jake Gyllenhaal au Festival

Ils sont nombreux ces acteurs à se retrancher derrière la caméra. Après Ryan Gosling et son Lost River présenté à la sélection Un Certain Regard en 2014, Paul Dano ouvre la Semaine de la Critique 2018 avec Wildlife. Scénarisé avec sa femme Zoé Kazan et adapté du roman de Richard Ford, Wildlife rend compte de la dégradation d’un couple à travers les yeux de leur fils, Joe. Trois personnages (quatre pour la version spoiler) se partagent l’écran et produisent toute la force émotionnelle du film, car ce long-métrage brille par son casting 5 étoiles. Carey Mulligan interprète une mère à la fois rayonnante et froide, désenchantée par son mari qu’elle imaginait tout réussir. Jake Gyllenhaal est lui aussi très juste dans son rôle de père, absent et incapable de fournir à sa famille ce qu’elle attend de lui. Et au centre, un fils en détresse joué par Ed Ouxenbould, assiste impuissamment aux échecs de son père, aux réflexions de sa mère et à la séparation de ses parents qu’il croyait heureux. Paul Dano est fier de son casting et il a raison. Il les dirige avec brio dans des scènes de famille aussi touchantes que dérangeantes. On sait exactement où le film nous mène certes, mais la mère est une bombe à retardement et on attend le moment où elle craquera devant son fils, détruisant à jamais sa famille avec qui elle vivait heureuse une semaine plus tôt.

A la réalisation, Paul Dano ne prend pas de risques. Le film n’est pas très original, mais le résultat reste assez prometteur pour la suite. Sa caméra est minimaliste, chaque plan et chaque mouvement ont un sens précis. Le décor l’est aussi, l’histoire se déroulant dans le Montana des années 1960, chaque plan est une référence au peintre américain Edward Hopper. L’époque est même trop idéalisée, tout est beau et très épuré à l’écran. Le film s’inscrit dans cette vague de long-métrages indés au look carrément hipster (le film, sans surprise, était présenté au festival de Sundance). Cependant, il faut l’admettre, cela nous plait carrément !

Tout est beau certes, mais cette beauté contraste avec les nombreux défauts des personnages et le tout se confronte dans des scènes marquantes : la mère, savourant son insouciance et sa liberté retrouvée, danse chez son amant sous les yeux de son fils. Son fils qui, par conséquent, perd la liberté et l’insouciance qu’il vivait quand ses parents étaient toujours ensemble. A 14 ans, ce dernier doit prendre la responsabilité de son père parti au feu et veiller sur sa mère bipolaire.

Le film sortira sur les écrans le 19 décembre 2018 et l’ACD vous le conseille, de quoi se passer l’envie de se disputer en famille pendant les fêtes de fin d’année !

Sebastien Charmettant

 

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