Yes we Cannes

Yes we Cannes

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Cannes c’est un peu un Las Vegas français -donc forcément plus cool- mais pas forcément moins vulgaire, où tu peux te poser à 00h10 sur la plage en robe de soirée, pour manger ton panini et voir des classiques comme Un homme et une femme de Claude Lelouch (1966) ou encore Le Dictateur de Charlie Chaplin (1940).

On a testé pour vous, et voilà ce qu’on a retenu de cette 69ème édition du Festival de Cannes.

Palme d’honneur à Jean-Pierre Léaud

L’un des temps forts du festival a sans nul doute été la remise d’une Palme d’or d’honneur à Jean-Pierre « le mythe  » Léaud. L’enfant de la nouvelle vague, qui a réussi l’exploit de n’avoir jamais tourné un mauvais film en plus de 50 ans de carrière, était donc récompensé pour l’ensemble de son œuvre. Outre un discours qui a résonné comme la chose la plus vraie de la cérémonie de clôture, JPL a également présenté La Mort de Louis XIV de Albert Serra, dans lequel il joue Louis XIV. Un OVNI, sans aucun doute, que ce film qui nous enferme plus d’une heure 30 dans le cabinet personnel du Roi Soleil au bord de la mort, et se contente de nous le montrer dépérir – très – lentement, au rythme de quelques dialogues acides et sombrement drôles. Le lien entre l’acteur de 70 ans et son personnage est vite établi : le Roi du cinéma d’auteur à la française comme le Roi Soleil semble vieillir lentement à chaque apparition cinématographique, et il y a quelque chose de grandiosement impudique dans ce spectacle.

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Jean-Pierre Léaud

To live and die in LA

C’est la fin d’après midi, et la torpeur cannoise rend difficile de trouver la motivation de s’immerger dans un énième film, assis dans une salle noire pendant une heure et demie au bas mot. Néanmoins, notre regard se porte sur deux films prometteurs : Gokseong, un thriller coréen signé Na Hong-jin (Hors-compétition); et To live and die in LA réalisé par William Friedkin avec l’excellent Willem Dafoe (découvrez ici un florilège de ses têtes les plus délirantes).

Le sous-titre ne laissant pas beaucoup de place au doute, on ne va pas s’éterniser sur le fait qu’on a choisi d’aller voir ce classique sorti en 1985. En effet, William Friedkin (le père de L’Exorciste, Killer Joe, Le convoi de la peur ou encore French Connection) était à l’honneur pendant la quinzaine, lors de laquelle il a même donné une Masterclass. On se rend donc à cette séance qui s’est révélée bien plus surprenante qu’on ne l’aurait soupçonné.

La projection avait lieu dans une magnifique salle du palais des festivals, la salle Bunuel.

Surprise plaisante : le réalisateur et Willem Dafoe sont présents. Prélude avec un charmant discours dans lequel Friedkin nous révèle que Dafoe était sujet à des menaces de mort pendant le tournage de la part du petit ami de sa partenaire dans le film, Mickey Rourke. Rire dans la salle, l’ambiance est bon enfant. Dafoe surprend par sa pudeur et sa timidité, lui qui interprète toujours des rôles excentriques, voire borderline psychopathes. Le film débute donc, et premier moment gênant pour l’acteur quand il apparait nu à l’écran. Et puis peu à peu on rentre dans une histoire effrénée qui ne s’arrête pas une seconde pour reprendre son souffle. On suit ici Richard Chance, un flic un peu ripou qui après la mort de son coéquipier est prêt à tout, même si c’est illégal et amoral, pour coincer un faussaire appelé Rick Masters. Film d’action sous testostérone qui rappelle les plus grands héros reaganiens des années 1980, il place Los Angeles au coeur de l’action et s’empare de ses meilleurs atouts cinématographiques : la course poursuite dans le lit desséché de la LA river, les néons de la ville, la musique sous acide… On a adoré !

Bref, comme quoi on peut aussi venir à Cannes pour (re)découvrir des classiques, entre deux films de la sélection officielle.

Gimme Danger

Juste après cette séance, on décide de se rendre à la séance de minuit. Aujourd’hui, c’est la projection de Gimme Danger, film-documentaire réalisé par le célèbre Jim Jarmush (qui présentait aussi Paterson) qui retrace l’histoire du groupe de rock the Stooges, et en particulier Iggy Pop. Alors qu’on patiente dans la queue des tickets last minute pour entrer dans la plus grande salle du palais, la salle des frères Lumières, les musiques passent de l’habituelle Sia à des classiques du rock, des Rolling Stones aux Who en passant évidemment par Iggy Pop. On a tout de suite moins l’impression d’être au glamour festival de Cannes qu’à un concert de rock où les quarantenaires nostalgiques seraient remplacés par des starlettes en talons aiguilles.

US director Jim Jarmusch (L) and US singer Iggy Pop give the fingers while posing on May 19, 2016 during a photocall for the film "Gimme Danger" at the 69th Cannes Film Festival in Cannes, southern France. / AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT (Photo credit should read ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP/Getty Images)
Jim Jarmush et Iggy Pop

Enfin on nous ouvre la barrière qui nous mène au précieux sésame et on fait notre propre montée des marches, aussi discrète soit-elle. Derrière nous, Jarmush et Iggy Pop prennent la pose devant le flash des photographes, et malgré nos tentatives, on ne réussit qu’à arracher des clichés flous et mal cadrés des 2 stars. Car en effet, pas question de trainer sur le tapis rouge et de prendre mille et un selfies et photos. Les employés veillent à ce que ta montée des marches soit la plus rapide et furtive possible, pas le temps de niaiser.

Bien que le film débute à 00h30, la salle est comble et l’ambiance effervescente. Je ne sais pas si c’est le fait que le film soit diffusé dans la nuit ou bien le fait que ce soit un film si rock’n’roll, mais l’effet escompté est bien là. L’ambiance est dingue et la séance s’annonce prometteuse.
Malheureusement, l’heure tardive et les nombreux films visionnés ce jour là ont eu raison de notre capacité à rester éveillé. Bien qu’on tente pendant un temps de garder les yeux ouverts à la manière de Mister Bean (en se tenant les paupières avec les doigts pour les garder ouvertes) , on sombre bientôt tous dans un sommeil profond qui dure quasiment tout le film.
Dommage car le film avait l’air très fun, et Iggy Pop, fidèle à lui même, électrise les foules. Donc on pourra juger de l’ambiance de cette séance, mais pour avoir un réel avis sur le film, on vous conseille d’aller le voir le 7 décembre 2016.

Juste la fin du monde

Si comme nous vous êtes fan du fils prodigue du cinéma, autodidacte et orgueilleux Xavier Dolan, vous attendez certainement avec impatience son prochain film Juste la fin du monde qui sortira dans les salles le 21 septembre 2016. C’est donc avec beaucoup de patience qu’on a fait la queue près de 4h (oui oui 4h) pour avoir la chance de voir le film avant vous héhé… Avis mitigés à la fin du film mais ce qui est sûr c’est qu’il fait parler ! Si certains l’ont trouvé frustrant, d’autres ont trouvé qu’il sonnait très juste. Ce drame familial dont les dialogues sont touchants reste un quasi-huis clos différent de ce à quoi le réalisateur québécois nous a habitué. Vous serez peut-être très agréablement surpris ! Vous trouverez un petit résumé dans notre top de la Sélection juste en dessous.

Cérémonie de clôture Un certain regard

Cette année le jury Un Certain Regard était présidé par l’actrice suisse Marthe Keller, assistées par la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner, l’acteur et réalisateur mexicain Diego Luna, le réalisateur suédois Ruben Ostlund et enfin l’actrice française Céline Salette. C’est ensemble qu’ils ont décerné le prix à Juho Kuosmanen (finlandais) pour son premier film Hymyleva Mies (ou The Happiest day in the Life of Olli Maki pour les brêles qui ne parlent pas finlandais). Pour faire court, Olli Maki, joueur de boxe amateur prétend au titre de champion du monde poids plume en 1962 mais cet avenir pourrait être contrarié par son amour pour Raija. On a pu assister au film après la remise de prix, rien de fou, ça se regarde et  les décors et costumes sont très bien faits (le film est même en noir et blanc pour mieux nous immerger dans l’époque) et finalement on se prend au jeu. 

  Top sélection Officielle

Parmi 1869 films proposés au jury de pré-sélection, 21 sont retenus et concourent pour la Palme d’or de cette 69eme édition. Si le réalisateur et scénariste australien George Miller (Mad Max) préside le jury officiel de cette année, il est accompagné de 8 autres membres dont Vanessa Paradis, Mads Mikkelsen, Kirsten Dunst ou encore Donald Sutherland. L’an dernier la palme d’Or était remportée par Deephan du français Jacques Audiard qui n’avait pas fait l’unanimité parmi nos collègues acédiens. Cette année, Café Society de Woody Allen -Hors Compétition- lançait les hostilités et c’est finalement I,Daniel Blake de Ken Loach qui conquit le jury pour la palme d’Or.


N°5) Juste la fin du monde, de Xavier Dolan

juste la finDimanche en famille. On fête le retour de Louis, la trentaine passée, qui revient après 12 ans d’absence. Il veut annoncer sa mort prochaine. 5 personnages, 5 personnalités, 5 interprétations de ce retour inespéré. Dolan retranscrit chaque sentiment, chaque émotion qui resurgit après ces longues années, au sein de cette famille morcelée. Le héros, interprété par Gaspard Ulliel, se retrouve tourmenté entre retrouvailles et déchirures avec ses frères et sœurs. Les acteurs sont méticuleusement choisis pour jouer des rôles qui leur correspondent parfaitement. Nathalie Baye, méconnaissable sous sa perruque, joue un jeu des plus voluptueux aux côtés d’une Léa Seydoux rebelle. On enchaine confessions et retenues, avec Vincent Cassel en tant que frère et Marion Cotillard jouant sa femme. On nous fait languir, nous fait frémir en attendant la fameuse révélation qui nous paraît si simple mais en même temps si complexe à amener.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562598&cfilm=237510.html

N°4) La fille inconnue, des frères Dardenne

fille inconnuePour le moins habitués à la compétition cannoise, les frères Dardenne présentent – pour ne pas changer    un film social d’un dur réalisme formel. Jenny, une jeune infirmière belge, choisit de ne pas ouvrir la porte de son cabinet un soir après l’horaire de fermeture, afin de marquer sa domination vis-à-vis de son stagiaire. Lorsqu’elle apprend que la fille inconnue à laquelle elle a refusé l’entrée est morte assassinée, elle décide de mener l’enquête, comme pour expier un péché qu’elle est convaincue d’avoir commis. Jenny va trouver sur son chemin une flopée de personnages hantés par leur passé et leur inertie, et, tel un ange de la repentance, les sauvera par sa volonté d’action inébranlable. Le concert de pleurs et de cris qui en découle prend aux tripes : les Dardenne réalisent une nouvelle fois un magnifique portrait de la culpabilisation.

https://www.youtube.com/watch?v=Wpstyz7BDoc

elleN°3) Elle, de Paul Verhoeven 

Le néerlandais Paul Verhoeven (Basic Instinct, Total Recall, Robocop) réalise une nouvelle fois un film sulfureux qui fait encore parler de lui. Le film, sur les écrans depuis le 25 mai, raconte l’histoire de Michèle, une chef d’entreprise dure en affaire qui se fait agresser par un inconnu et décide de le traquer en retour. Comme à son habitude Isabelle Huppert, impassible, incarne une femme forte et indépendante qui se révélera dangereuse.
Après 10 ans d’absence, le cinéaste revient en force avec ce thriller haletant. 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19560072&cfilm=231874.html

N°2) The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn

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Jesse, 16 ans, décide de se lancer dans une carrière de mannequin à Los Angeles. Sa beauté innocente et naturelle lui permet une ascension fulgurante et va provoquer admiration et jalousie. Nicolas Winding Refn (réalisateur de Drive) nous plonge dans un univers psychédélique et sordide mais captivant. La beauté qui anime, détruit et transforme les femmes est au cœur de son œuvre et atteint ici son paroxysme. Cette esthétique poussée à l’extrême nous immerge dans un monde quasi irréel entre rêve et cauchemar qui représente assez bien le milieu du mannequinat. La prétention qui se dégage de ce film est à la fois déroutante et fascinante. L’intrigue est basique mais les décors hypnotiques, l’ambiance à la fois sombre et lumineuse crée un visuel unique qui vaut sincèrement le détour.

 http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562096&cfilm=232793.html

N°1) I, Daniel Blake, de Ken Loach

I-daniel-blake-ken-loach-dernier-film-festival-cannes-2016I, Daniel Blake est une très belle satire sociale de la Grande Bretagne. La crise y est dépeinte plus meurtrière que jamais où les catégories sociales les plus inférieures ne sont pas aidées par le gouvernement. L’acteur Dave Johns (Daniel Blake) est envahi de réalisme. Il nous livre une performance forte en nuances et en émotion. Au côté d’Hayley Squires, c’est eux qui portent le film et qui en font un drame social. confrontés aux aberrations du système administratif britannique, les deux protagonistes ne voient jamais le bout du tunnel. Une histoire très bien écrite, cependant rien n’est bien nouveau. L’intrigue et les rebondissements sont prévisibles, mais Ken Loach arrive à nous livrer ce drame social avec beaucoup de tendresse et de compassion. Néanmoins, l’humour du film est emprunt de désespoir et éveille un sentiment d’injustice. Avec ce film, Ken Loach nous décrit une Grande Bretagne des démunis et des laissés pour compte où ces derniers ne veulent pas se laisser faire et se battent,  impuissants, contre ce système jusqu’à ne plus avoir de force. A aller voir absolument ! 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562706&cfilm=241697.html

TOP 5 Quinzaine des réalisateurs 

 

Alors que certains film de la sélection officielle nous ont laissé de marbre au mieux, hilare de nullité au pire (voir notre flop); les films de la quinzaine des réalisateurs, eux, ne nous ont pas déçus.

Tout d’abord, la quinzaine des réalisateurs qu’est-ce que c’est ? Alors que le festival de Cannes existe depuis une petit vingtaine d’années, la Société des Réalisateurs de Films (SRF), dont le réalisateur Costa-Gavras, décide de créer une sélection parallèle après les événements de mai 1968. En effet, ces réalisateurs jugeaient que le festival était dominé par la censure, ils décident donc de créer la Quinzaine. Ce « contre-festival » permet une sélection beaucoup plus libre car sans contraintes, idéologiques ou cinématographiques.
Aujourd’hui, cette sélection parallèle permet de découvrir de nombreux réalisateurs inconnus. Il a notamment permis de découvrir George Lucas, Ken Loach, les frères Dardenne ou Michael Haneke. Et cette année, certains des meilleurs films qu’on ait pu voir à Cannes étaient sélectionnés parmi la Quinzaine. Nous avons sélectionné pour vous ce que nous considérons être les 5 meilleurs films de la Quinzaine des réalisateurs de 2016.

N°5 : L’effet aquatique, de Solveig Ansprach 

l-effet-aquatique-le-film-posthume-de-solveig-anspach-qui-celebre-la-vie,M336234Entre Montreuil et Reykjavik, la défunte réalisatrice Solveig Ansprach a rendu avec ce film un hommage à ses 2 patries, la France et l’Islande. On retrouve dans son 6ème et dernier film plusieurs de ses acteurs  fétiches : l’islandais Ingvar E. Sigurðsson et la française Florence Loiret-Caille, et quelque nouveaux Samir Guesmi, Philippe Rebbot, Olivia Côte. L’histoire est simple, Samir un grutier de Montreuil tombe amoureux d’Agathe, une maitre-nageuse. Prêt à tout pour la conquérir, il ira jusqu’à la suivre en Islande où se tient le congrès des maitres-nageurs. Récompensé du prix SACD à la Quinzaine, le film est drôle, touchant et surtout simple. Grâce aux métaphores aquatiques, ce film célèbre le coup de foudre : se jeter à l’eau, perdre pied, et ce pour un résultat frais et plein de charme. L’effet aquatique a eu son effet à Cannes.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19563160&cfilm=240105.html

 

N°4) Divines, de Houda Benyamina 

divinesPlein de fraicheur, Divines provoque l’enthousiasme de la Croisette et se démarque dans la sélection de la Quinzaine des réalisateurs. Centré sur les péripéties de deux jeunes filles de banlieue, le film se révèle tonitruant par sa candeur et pour les symboles qu’il dégage. Dans un monde où les femmes ont du mal à se faire une place et où la virilité permet de s’imposer, Houda Benyamina remet tout en question et inverse les rôles. Ainsi, c’est avec humour que les deux jeunes filles sont placées au devant de la scène et tentent de s’affirmer au sein d’un traffic de drogue lui-même dirigé par une femme.

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N°3) Mean Dreams, de Nathan Morlando

mean dreamsVoilà encore un film, canadien une fois n’est pas coutume, qui a su se démarquer du reste de la sélection. Le drame porté par 2 adolescents d’une quinzaine d’années, en mode Bonnie and Clyde, oscille entre le thriller, la romance et le road-movie. C’est une histoire vieille comme le monde, le jeune amoureux qui sauve sa demoiselle en détresse d’un père abusif et violent, incarné par un Bill Paxton au top de sa forme. Les 2 jeunes (Casey et Jonas) sont eux aussi tout aussi convaincants dans leur fuite un peu maladroite, portée par des amours adolescentes. La photographie magnifique dans les tons jaunes/orangés sublime les acteurs et les paysages. Le film est très bien maitrisé, surtout dans le suspens et dans les ressorts narratifs de l’histoire. On est emporté dans le récit, qui se concentre pas tant sur la violence du père que sur le lien qui unit Casey et Jonas. Le long-métrage a su nous convaincre et atteint la 3eme position dans notre classement.

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N°2 : Wolf and sheep,  de Shahrbanoo Sadat

Wolf-And-Sheep-Lowres-v1-1Après avoir passé 7 ans au coeur d’un village du centre de l’Afghanistan, Shahrbanoo Sadat nous propose une aperçue de la vie simple et brutale d’une population retranchée, un film oscillant entre fiction et documentaire. Alors que le pays doit faire face à une importante guerre civile, ce film permet de rendre compte de la situation sur place. L’enfance, le quotidien y sont les sujets centraux et apparaissent comme des signes d’espoir face à la terreur répandue par les Talibans en Afghanistan. Le film frappe par la sincérité qu’il dégage et se démarque lui aussi au sein de cette sélection de la Quinzaine des Réalisateurs.

N°1 : Dog eat dog, de Paul Schrader

dog eat dogLe réalisateur d’American Gigolo nous offre cette année une tragi-comédie déjantée, dans laquelle 3 ex-détenus se voient offrir comme mission de kidnapper l’enfant d’un ennemi de la mafia mexicaine. Mais la folie de Mad Dog et l’intelligence limitée des 3 malfrats font vite capoter l’opération.
Les personnages sont tous brillamment écrits et interprétés, surtout ceux de Willem Dafoe et Nicolas Cage, qui au top de leur forme, livrent chacun une de leurs meilleures performances. Tout ça mené d’une main de maitre dans un univers déjanté et psychédélique, le film est un véritable plaisir à regarder. Jamais ennuyeux, très souvent drôle et parfaitement réalisé, Schrader nous régale d’un vrai bon film !

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562942&cfilm=237883.html

Parenthèse semaine de la critique

 

Courts-métrages « girl power » :

En présence des réalisatrices Sandrine Kiberlain, Chloé Sévigny et Laetitia Casta habituellement devant la caméra, nous avons pu assister à 3 court-métrages originaux. Les 3 trai13227376_10209536649283773_1071520760042225012_otent différemment de la solitude. Le premier : Bonne figure de Sandrine Kiberlain où Chiara Mastroianni, grande actrice récompensée par un prix se retrouve finalement seule dans sa chambre à la fin de la soirée et en souffre. Le second Kitty de Chloé Sévigny met en scène une enfant, fille unique, qui cherche l’attention de ses parents et se transformera progressivement en chat – un tout petit peu perturbant-. Et enfin En moi de Laetitia Casta s’attarde sur la solitude psychologique d’un réalisateur, Yvan Attal, qui cherche désespérément une actrice, Lara Stone, pour son film quitte à en devenir fou. 

Mimosas mimoas

Co-produit par Julie Gayet herself, Mimosas, le second long métrage d’Oliver Laxe, a remporté le Grand Prix de la Semaine de la Critique. Le film est une odyssée mystique, poétique et introspective avec le Haut Atlas marocain comme décor impitoyable. Shakib, un jeune homme simple et pur doit s’assurer du transport du cadavre d’un sheik par delà la montagne, accompagné de deux voyous. Lent et doux, le film berce le spectateur en une contemplation métaphysique, tandis que les protagonistes se révèlent et se découvrent.

Grave

Sujet  d’un fameux buzz à la cannoise, Grave est un de ces films qui a fait jaser la croisette. Premier long métrage de la prometteuse Julia Ducournau, il conte le passage à la vie adulte d’une ado surdouée de 16 ans qui intègre une école de vétérinaire. Seulement, si celle-ci passe sans surprise par le bizutage, l’alcool et les premières expériences sexuelles, Justine, végétarienne depuis toujours, se découvre également cannibale. L’occasion de traiter un « désir universel » selon la réalisatrice. Inattendu, déroutant et juste, Grave est sans aucun doute l’une des découvertes du festival.

Flop 5

Ca n’en surprendra surement pas plus d’un, mais les films projetés à Cannes sont loin d’être toujours excellents. Mais c’est ce qui fait aussi le charme de ce festival, et c’est grâce à ces navets (oui, oui, je pèse mes mots), que d’autres films peuvent nous paraitre aussi biens. Bien que l’ennui soit l’ennemi public n°1 à Cannes, certains films souffrent de bien d’autres maux. Qu’il soit kitsch, ridicule, niais, ou simplement inintéressant, il y en a pour tous les goûts ! On vous a fait un petit florilège des nanars qu’on a la chance, que dis-je, l’honneur de voir en avant-première. A visionner avec modération …

N°5 Psycho Raman, de Anurag Kashyap

psycho

Une esthétique 90s réchauffée archi premier degré, un tueur psychopathe que j’aurais peut-être trouvé stylé à 14 ans, de la drogue, des punchlines nihillistes et des boîtes de nuit, bref des clichés en veux-tu-en-voila, l’un des plus gros foutage de gueule du festival.

N°4 The last face, de Sean Penn

last facePour faire simple, le film commence par une musique larmoyante avec pour légende : « La violence de la guerre n’est comparable qu’à la brutalité des rapports entre un homme et une femme qui s’aiment d’un amour impossible ». La salle rit, vous intérieurement vous pleurez, ça sent le navet à plein
nez, à tel point que le film n’a pas réussi à trouver de distributeur en France, chose étonnante vu le casting 5 étoiles (Javier Bardem, Sharon Stone, Jean Reno, Adèle Exarchopoulos).

N°3 La forêt de quinconces, de Grégoire Leprince-Ringuet

foretUn film pensé par Grégoire Leprince-Ringuet écrit par Grégoire Leprince-Ringuet, réalisé par Grégoire Leprince-Ringuet et interprété par Grégoire Leprince-Ringuet (on ne voit que lui à l’écran). En voila un artiste ! En plus c’est en vers tout du long et à un moment il rencontre un clochard qui s’avère être le Destin. Lors de la présentation du film, Thierry Frémaux, le directeur général du festival de Cannes s’est permis de dire qu’il aimait particulièrement les films d’acteurs car ils n’étaient semblable à nuls autres. C’est sûr qu’un tel film ne doit pas être évident à produire.

N°2) Tour de France, de Rachid Djaïdani

otur de france

La légende Gérard Depardieu qui rencontre le rappeur Sadek pour un road trip passant par les ports de France, sur le papier, ça a l’air marrant. Mais le niveau de stupidité d’écriture des personnages, tout comme du scénario, est tel qu’il est difficile de déceler dans ce film autre chose qu’une énorme farce de bons sentiments. Papi est raciste mais gentil, Farouk est sanguin mais gentil, finalement ils ne sont pas si différents que ça ils aiment tous les deux Francis Cabrel. On passe sur la vision débilitante des rappeurs et de leurs clashs qui se résolvent bien sûr toujours dans des coups de feu ou des prises d’otages.

N°1) Marion Cotillard

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BUSTED Marion, t’es une vraie fausse fashionista ! Alors qu’on croyait avoir atteint le plafond de la médiocrité avec Tour de France, Marion nous surprend avec une côte de maille imperméable aux critiques acerbes. Et non elle n’est pas là pour défendre les Visiteurs 3 à Cannes, la star internationale a juste des goûts de chiotte.

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